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L'Elysée reprend en main le projet de réforme de l'université

L'Elysée reprend en main le projet de réforme de l'université
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le projet de réforme des universités, dont s'est saisi l'Elysée face aux critiques des syndicats d'étudiants et de professeurs, pourrait être amendé, a laissé entendre mardi la ministre de l'Enseignement supérieur.

Le projet, qui devait être présenté en conseil des ministres mercredi, le sera le 4 juillet pour permettre au gouvernement de répondre aux inquiétudes qui sont apparues sur trois points : la composition des conseils d'administration, l'autonomie dite à la carte et la sélection au niveau du master.

"La porte n'est pas fermée. Si le dialogue se poursuit, ça veut donc dire qu'on va enrichir le texte", a déclaré la ministre, Valérie Pécresse, interrogée sur BFM TV et RMC.

Le président de la République, a-t-elle dit, va rencontrer "tout le monde" pour lever les "points de crispation" et les "ambiguïtés".

Après avoir vu lundi les membres de la Conférence des présidents d'université (CPU), Nicolas Sarkozy devait recevoir mardi en fin d'après-midi avec Valérie Pécresse les organisations syndicales de professeurs et d'étudiants.

Pour Bruno Julliard, président de l'Unef, principal syndicat étudiant, il s'agit du "rendez-vous de la dernière chance". Il a estimé, sur France Inter, que le chef de l'Etat était le seul à pouvoir "offrir une sortie de crise favorable à une situation de blocage".

Les universités pourraient obtenir des concessions en ce qui concerne leurs conseils d'administration dont la réforme prévoit de réduire le nombre de membres d'une soixantaine, à 20.

Ce chiffre pourrait être modulé en fonction de la taille des universités, a laissé entendre la ministre en évoquant le cas de la fusion des trois universités d'Aix-en-Provence/Marseille.

"Les universités d'Aix-Marseille me disent : si on fusionne à trois avec 75.000 étudiants, 20 personnes au conseil d'administration, c'est un peu peu", a déclaré la ministre.

En revanche, il n'est pas sûr que les étudiants obtiennent la représentation accrue qu'ils demandent au sein des conseils. Le projet réserve trois sièges aux étudiants, soit 15%, au lieu de 14 sièges actuellement en moyenne, soit un peu moins de 25%.

UN DÉLAI POUR L'AUTONOMIE ?

L'article 18, qui instaure la possibilité d'une sélection à l'entrée au master, l'ancienne première année de maîtrise, pourrait être revu. La sélection existe déjà, mais elle se fait à l'entrée de la cinquième année, entre la première et la deuxième année de master (M1 et M2).

Les syndicats étudiants préféreraient que le texte ne dise rien sur la question. Ainsi, la Confédération étudiante (Cé) réclame "la disparition de toute référence à la sélection et aux conditions d'accès en deuxième cycle dans le texte de loi."

Dernier point qui devrait être renégocié : l'autonomie que pourront obtenir les universités dans certains domaines, comme le recrutement des professeurs ou la gestion des biens immobiliers.

Pour les syndicats étudiants, cette "autonomie à la carte" va générer des inégalités. Les universités les mieux dotées en personnels et en moyens financiers opteront plus facilement pour l'autonomie et des compétences élargies.

"Si on ne fixe pas un délai pour que toutes les universités arrivent à la même autonomie, on aura une université à plusieurs vitesses", estime Bruno Julliard tout en estimant qu'il existe une "fenêtre de tir" pour parvenir à une réforme concertée.

Un point semble acquis. Bien que visant à l'autonomie, les universités ne seront pas libres de fixer les frais d'inscription des étudiants. Valérie Pécresse l'a réaffirmé mardi sur BFM. Ils seront augmentés "de l'ordre du coût de la vie" à la prochaine rentrée, a-t-elle dit.

"Que les universités soient autonomes ou ne le soient pas, c'est la ministre qui fixera les frais d'inscription à l'université", a-t-elle précisé.

Elle refuse en revanche de se prononcer pour un paiement des droits d'inscription en fonction du niveau de revenu des familles des étudiants mais promet une revalorisation des bourses et une refonte de leurs mécanismes d'attribution pour permettre une mobilité accrue des étudiants.

Les amendements au projet ne devraient pas remettre en cause le calendrier prévu. Le projet de loi sera discuté pendant la session parlementaire d'été, dit-on au cabinet de Valérie Pécresse. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération d'enseignants, a demandé un délai de "quelques mois".


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