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L'économie chinoise se stabilise, pas encore tirée d'affaire

L'économie chinoise se stabilise, pas encore tirée d'affaire
Crédit photo © Reuters

par Kevin Yao et Lusha Zhang

PEKIN (Reuters) - L'économie chinoise a enregistré une croissance de 6,4% au premier trimestre en rythme annuel, comme lors des trois derniers mois de 2018, déjouant les pronostics grâce notamment à une amélioration de la production industrielle et de la demande des ménages.

Les statistiques officielles publiées mercredi, qui montrent aussi une progression des ventes au détail et investissements en mars, devraient rassurer les investisseurs quant à la stabilisation de la deuxième économie mondiale.

Pour les économistes toutefois, il est prématuré d'envisager un rebond marqué et beaucoup continuent de penser que le gouvernement ne pourra faire l'économie de mesures de soutien supplémentaires afin de maintenir une dynamique.

Pékin avait annoncé début mars de nouvelles baisses d'impôts et des dépenses d'infrastructures massives afin de relancer la croissance.

Les banques chinoises, elles, ont prêté un montant record de 5.800 milliards de yuans (766 milliards d'euros) au premier trimestre, soit davantage que le produit intérieur brut de la Suisse.

"Il faut à nos yeux plus d'éléments pour parler d'un redressement total de l'économie chinoise ; notre opinion sur l'économie reste prudente", commente Jianwei Xu, économiste chez Natixis à Hong Kong.

PRUDENCE

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une progression du PIB de 6,3% sur le trimestre janvier-mars par rapport à la même période l'an dernier, ce qui aurait été son niveau le plus bas depuis 27 ans.

En variation trimestrielle, la croissance ressort à 1,4%, conforme aux attentes, contre +1,5% au quatrième trimestre, a précisé le Bureau national de la statistique.

Sur l'ensemble de 2018, la croissance de l'économie chinoise avait ralenti à 6,6%, à son plus bas niveau en près de 30 ans.

Les économistes prévoient une nouvelle décélération cette année, à 6,2%, du fait de l'impact des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et du ralentissement de la demande intérieure.

Pékin a un objectif de 6,0 à 6,5%.

Le porte-parole du Bureau national de la statistique, Mao Shengyong, a déclaré que les mesures engagées par le gouvernement portaient progressivement leurs fruits mais ajouté que l'économie faisait toujours face à une pression déflationniste.

REBOND DES INDICATEURS EN MARS

La croissance du premier trimestre a été soutenue par une accélération inattendue de la production industrielle en mars, montrent d'autres statistiques dévoilées mercredi.

La production industrielle chinoise a progressé de 8,5% en rythme annuel le mois dernier, nettement supérieure au consensus (+5,9%), après une hausse de 5,3% sur la période janvier-février. Il s'agit de sa plus forte hausse depuis juillet 2014.

Les ventes au détail ont pour leur part augmenté de 8,7% en rythme annuel en mars, dépassant elles aussi les attentes (+8,4%), après une hausse de 8,2% en janvier-février.

Les investissements en actifs fixes sont ressortis à +6,3% au premier trimestre en rythme annuel, conforme au consensus, après +6,1% en janvier-février. Les investissements dans l'immobilier ont augmenté de 11,8% sur ces trois mois, confirmant leur hausse de 11,6% en janvier-février.

Selon Mao Shengyong, la production industrielle va maintenir une croissance solide et les exportations devraient continuer de progresser leur rebond du mois de mars.

Ces signes d'amélioration viennent s'ajouter aux espoirs grandissants d'un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, qui mettrait fin à des mois de tensions néfastes pour la confiance des entreprises et la croissance mondiale.

Pour autant, les économistes n'attendent pas de rebond marqué de la deuxième économie mondiale, les mesures de soutien prises jusqu'ici étant plus restreintes que celles qui par le passé avaient provoqué de vives reprises reflationnistes accompagnées par un gonflement de la dette.

Nombre d'économistes s'attendent à d'autres mesures de relance, comme un nouvel abaissement du coefficient de réserves obligatoires des banques, mais d'autres disent que l'amélioration récente des indicateurs économiques, marquée aussi par une remontée des indices des directeurs d'achat, les rend moins nécessaires.

La Banque populaire de Chine (BPC) a déjà réduit le taux de réserves obligatoires des banques à cinq reprises en un an pour stimuler le crédit, notamment au profit des petites et moyennes entreprises qui assurent l'essentiel des créations d'emplois.

Dans une étude publiée mercredi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que les mesures de relance prises par la Chine renforceront la croissance cette année et en 2020 mais pourraient aussi entraver les efforts du pays pour contrôler sa dette et aggraver sur le moyen terme des distorsions structurelles.

(Jean Terzian et Véronique Tison pour le service français)


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