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L'avocat de Nicolas Sarkozy contre-attaque sur les écoutes

L'avocat de Nicolas Sarkozy contre-attaque sur les écoutes

PARIS (Reuters) - L'avocat de Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi qu'il déposerait une plainte pour violation du secret de l'instruction deux jours après la publication par Mediapart de transcriptions de plusieurs écoutes judiciaires de l'ancien président.

Le site d'informations a révélé mardi la teneur de sept écoutes effectuées sur la ligne téléphonique ouverte de Nicolas Sarkozy sous une fausse identité et qui ont poussé la justice à ouvrir une information judiciaire pour "trafic d'influence".

"Aujourd'hui, je vais demander au procureur de la République, par le dépôt d'une plainte pour violation du secret de l'instruction, d'ordonner une enquête et d'identifier quels sont les auteurs de ces violations", a déclaré Thierry Herzog jeudi sur Europe 1.

L'avocat, qui dément tout trafic d'influence, dénonce la publication d'écoutes "tronquées" et demande au procureur national financier de rendre publics les éléments de la procédure prouvant ses dires.

"Il est impensable que des écoutes ou des rapports d'écoutes tronqués puissent être diffusés, publiés, et c'est pourquoi j'appelle Madame le procureur de la République à faire en sorte de pouvoir procéder à des rectifications", a-t-il dit jeudi.

Sa demande, adressée mercredi par courrier au procureur de Paris, a été transmise au parquet national financier, désormais compétent sur cette affaire.

Ce dernier n'était pas joignable dans l'immédiat.

Les juges ont placé deux téléphones utilisés par Nicolas Sarkozy sur écoute les 3 et 19 septembre 2013 dans le cadre d'une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007.

Son avocat, Me Thierry Herzog, a été écouté de manière incidente lors de conversations avec l'ex-chef de l'Etat.

"J'AI PU ME LÂCHER"

Ces interceptions auraient, selon Le Monde, révélé que les deux hommes étaient "très bien renseignés" sur la procédure alors en cours à la Cour de cassation sur le dossier Bettencourt, entraînant l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence.

Les juges soupçonnent Nicolas Sarkozy d'avoir cherché à faciliter la promotion à Monaco d'un avocat général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, en échange de renseignements sur cette affaire, écrit le quotidien.

Thierry Herzog a indiqué jeudi avoir utilisé deux téléphones portables à partir de juillet 2012, juste après l'élection de François Hollande, parce qu'il "redoutait des écoutes illégales, des écoutes sauvages."

Dans son courrier au procureur de Paris, il assure avoir été informé des avancées de la procédure sur l'affaire Bettencourt en toute légalité par son collègue, l'avocat auprès de la Cour de cassation Patrice Spinosi.

Ce dernier a confirmé à Reuters avoir envoyé à Thierry Herzog, comme au reste de la défense du dossier Bettencourt, le rapport du conseiller rapporteur de la Cour de cassation, le 27 janvier, et l'avis de l'avocat général, le 30 janvier.

"Je n'ai bénéficié d'aucune information privilégiée", a insisté jeudi Thierry Herzog.

Interrogé sur des propos qu'il a tenus dans ces conversations téléphoniques au sujet de Gilbert Azibert, magistrat au coeur des soupçons de trafic d'influence selon Le Monde, l'avocat a déclaré : "Le moment venu, s'il faut, je m'en expliquerai, mais ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est de dire que les principes ont été bafoués."

Dans certaines des écoutes révélées par Mediapart, Thierry Herzog tient des propos peu amènes à l'égard des juges bordelais en charge de l'enquête Bettencourt, dans le cadre de laquelle Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu.

"Ce sont des écoutes privées, ce sont des conversations téléphoniques dans lesquelles j'ai pu me lâcher, et on ne va pas généraliser", s'est-il défendu jeudi.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)


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