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L'avocat d'Ahmed H. dément qu'il ait appartenu à Daech

L'avocat d'Ahmed H. dément qu'il ait appartenu à Daech

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - L'avocat du réfugié irakien mis en examen en France pour crimes de guerre a catégoriquement démenti dimanche que son client ait été un cadre de l'Etat islamique (EI) et qu'il ait participé à des massacres à Tikrit, dans le nord de l'Irak, en 2014.

Ahmed Hamdane, 34 ans, nie ainsi avoir appartenu à Al Qaïda, puis avoir été administrateur de la région de Samara pour le compte de Daech, comme l'en accusent les autorités irakiennes, a déclaré à la presse Me Mohamed El Monsaf Hamdi.

Il a au contraire été "très actif dans la lutte contre l'Etat islamique" comme membre des forces de sécurité irakiennes à Tikrit, forces auxquelles il a appartenu de 2007 à 2014, a expliqué l'avocat. Il a notamment "joué un rôle déterminant dans la localisation et l'arrestation en 2012 et 2013 de deux principaux cadres de Daech", a précisé celui-ci.

Ahmed Hamdane, qui a obtenu le statut de réfugié en France en mai 2017 et était suivi depuis lors par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a été arrêté en mars dernier dans le Calvados et incarcéré.

Il a été mis en examen pour crimes de guerre, assassinats en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste et participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre.

Les autorités irakienne l'accusent notamment d'avoir participé au massacre de 1.700 soldats irakiens prisonniers les 12 et 13 juin 2014 à Tikrit, massacre revendiqué par l'EI. Mais selon son avocat, il avait déjà quitté la ville.

ÉVASION

Détenu à l'époque dans la prison Tassfirrat Salah Eddine, à Tikrit, à la suite d'une "guerre" entre services de sécurité irakiens dont il a "fait les frais", il s'était évadé le 11 juin 2014, quelques heures avant la prise de la ville par Daech, a déclaré Me Mohamed El Monsaf Hamdi.

Selon l'avocat, il a quitté Tikrit le 12 juin 2014 à l'aube avec l'aide des services de sécurité kurdes, à destination de Kirkouk, puis d'Erbil, où il a vécu jusqu'en août 2015 avant de partir pour l'Europe via la Turquie.

L'avocat a fait état de "beaucoup d'approximations" dans le mandat d'arrêt international émis par les autorités irakiennes, sur la base notamment de déclarations d'un ex-codétenu d'Ahmed Hamdane, condamné à mort et exécuté en août 2017.

Me Hamdi précise tenir notamment ses informations de "sources irakiennes sûres", notamment d'un "très haut responsable des services de sécurité" de Tikrit, et avoir des preuves établissant que les accusations portées contre son client ne sont pas fondées.

"Il y aura des éléments très précis qui seront communiqués aux juges d'instruction", a-t-il déclaré sans autre précision.

Ni le parquet de Paris ni le ministère de l'Intérieur n'ont commenté à ce stade ces informations.

Vendredi, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a indiqué que les autorités françaises avaient entrepris de repasser au crible les dossiers des demandeurs d'asile susceptibles d'être venus du Proche-Orient en même temps qu'Ahmed Hamdane.

Une des questions qui préoccupent les gouvernements et les services de renseignements européens est de savoir si des extrémistes islamistes susceptibles de commettre des attentats en Europe se sont mêlés aux migrants venant de cette région.

(Antony Paone et Emmanuel Jarry)


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