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L'avenir des petites lignes SNCF sera décidé localement

L'avenir des petites lignes SNCF sera décidé localement

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe et Elisabeth Borne se sont engagés mardi à ce qu'aucune petite ligne de la SNCF ne soit fermée sans concertation avec les régions, au second jour d'une semaine de discussions pour préparer une réforme potentiellement explosive.

Le Premier ministre, qui juge que la survie de la SNCF est en jeu, dévoilera lundi le calendrier et la méthode retenus.

Examiner la pertinence des milliers de kilomètres de lignes peu utilisées figure parmi les 43 recommandations du rapport Spinetta remis jeudi au gouvernement, qui prône aussi notamment d'arrêter les embauches sous le statut de cheminot.

"L'avenir de ces petites lignes, ça n'est pas le gouvernement qui peut le déterminer", a dit Edouard Philippe lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"L'avenir de ces petites lignes dépendra d'une discussion avec les régions (...), avec l'entreprise."

Le Premier ministre recevra mercredi le président de l'association Régions de France, Hervé Morin, et jeudi celui de l'Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau.

"Les petites lignes sont des lignes essentielles pour beaucoup de Français", a souligné la ministre des Transports, Elisabeth Borne, lors des questions au gouvernement.

"C'est avec les régions, c'est dans les territoires et non pas à Paris que l'avenir de ces petites lignes se décidera en concertation avec les collectivités", a-t-elle ajouté.

PEPY NE CROIT PAS À UNE GRANDE GRÈVE

Edouard Philippe est allé dans le sens de la recommandation du rapport Spinetta, en estimant qu'il fallait "vérifier ligne par ligne quelle est la bonne façon d'assurer la mobilité".

"Je ne doute pas que, y compris sur les petites lignes, il faudra conserver du transport ferroviaire et, peut-être sur d'autres, les régions, dans le cadre de leur politique d'aménagement, choisiront-elles (...) d'avoir recours à d'autres formes de mobilités."

Le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports, Bruno Gazeau, avait plus tôt défendu devant Edouard Philippe et Elisabeth Borne la nécessité de maintenir nombre de ces petites lignes.

Après les rencontres lundi entre les syndicats de cheminots et la ministre, le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, a dit mardi ne pas croire à une grande grève qui paralyserait la France.

"Les syndicats de cheminots, les cheminots ont intérêt à ce qu'il y ait un avenir pérenne pour la SNCF", a-t-il dit sur franceinfo. "Je suis persuadé que l'écoute et la concertation, la négociation vont permettre d'éviter une grande grève."

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, n'a pas brandi la menace de grandes grèves et a demandé à être reçu par Edouard Philippe.

"Oui, il y aura des trains au printemps, des trains qui rouleront", a-t-il dit sur Europe 1.

Quant à l'appel à une manifestation nationale lancé par la CGT, premier syndicat de la SNCF, pour le 22 mars, il a souligné qu'il s'agissait du simple report de la journée de mobilisation annulée au dernier moment début février à cause des crues.

Les autres syndicats se sont donné rendez-vous jeudi soir pour faire le point sur les réactions possibles.

LE "PARADOXE" DES PETITES LIGNES

Selon le rapport Spinetta, le trafic moyen sur le réseau ferroviaire français est de 46 trains par ligne par jour contre 140 aux Pays-Bas, 96 en Grande-Bretagne et 85 en Allemagne.

Cette moyenne masque de fortes disparités, avec 160 trains par ligne par jour en Ile-de-France et 13 sur les lignes de desserte fine.

De plus, 90% des voyageurs-km (unité de mesure du trafic qui équivaut au transport d'un voyageur sur un kilomètre) se concentrent sur un tiers du réseau, alors que près de 45% du réseau ne supportent que 2% des voyageurs-km.

"Il y a donc un paradoxe", écrivent ses auteurs. "Le gestionnaire d’infrastructures ne dispose pas des moyens nécessaires pour développer la performance du réseau qui supporte 90% des trafics et il doit s’endetter lourdement", tandis que "l'Etat et les régions consacrent plus de 2 milliards par an à des lignes qui ne supportent que 2% des trafics".

Selon le rapport, le système ferroviaire a représenté en 2016 un coût brut de 10,5 milliards d'euros, plus 3,2 milliards de subvention d'équilibre au régime de retraite SNCF.

Le déficit s'élève quant à lui à environ 3 milliards par an.

La dette de SNCF Réseau était de 46 milliards d'euros fin 2017.

(Jean-Baptiste Vey, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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