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L'arrêt de Fessenheim ne dépend plus forcément de Flamanville, dit Rugy

L'arrêt de Fessenheim ne dépend plus forcément de Flamanville, dit Rugy
Crédit photo © Reuters

COLMAR (Haut-Rhin) (Reuters) - La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) n'est plus nécessairement conditionnée par le démarrage de l'EPR de Flamanville (Manche), dont on ne connaît pas le calendrier exact, a déclaré jeudi le ministre de la Transition écologique.

"Aujourd'hui, on est obligé d'envisager de ne pas faire les deux opérations en même temps car tout simplement nous n'avons pas de date", a dit François de Rugy sur franceinfo.

"EDF n'est pas capable de nous donner une date et l'Autorité de sûreté du nucléaire non plus sur l'ouverture de Flamanville", a-t-il ajouté, tout en faisant état de "quelques problèmes autour du développement de l'EPR".

Le prédécesseur de François de Rugy, Nicolas Hulot, avait laissé entendre en avril que le gouvernement pourrait revenir sur le principe de la concomitance des deux opérations en cas de nouveau retard de calendrier à Flamanville.

En juillet, EDF a annoncé le report de près d'un an du démarrage du réacteur, qui devait à l'origine entrer en service en 2012, en raison de travaux sur des soudures défectueuses.

Le chargement du combustible est désormais programmé au quatrième trimestre 2019 et son fonctionnement à pleine puissance de même que son raccordement au réseau ne sont pas prévus avant le premier semestre 2020.

EDF à également dû réviser une nouvelle fois le coût du projet à la hausse, de 10,5 à 10,9 milliards d'euros.

"Personne ne peut dire aujourd'hui avec certitude quand l'EPR de Flamanville ouvrira et sera en fonctionnement", a jugé François de Rugy sur franceinfo, tandis que "la centrale (de Fessenheim) fermera pendant ce mandat, d'ici 2022".

DIX MILLIONS D'EUROS POUR DES PROJETS LOCAUX

Le secrétaire d'Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu a pris jeudi de nouveaux engagements, à l'occasion d'un comité de pilotage à la préfecture de Colmar (Haut-Rhin), sur la reconversion de la région.

Il est venu notamment avec une enveloppe de 10 millions d'euros pour 2019 servant à financer des projets locaux et la promesse d'une extension d'une zone d'Aides à finalité régionale (AFR) permettant de verser aux entreprises une prime allant jusqu'à 15.000 euros par emploi créé.

Un "projet de territoire", conçu par l'Etat, les élus locaux, EDF et les acteurs du monde économique, doit être signé en janvier prochain.

Un point cristallise néanmoins la grogne des collectivités locales.

La compensation promise à la communauté de communes de Fessenheim pour les pertes fiscales consécutives à la fermeture, soit 30 millions d’euros sur 10 ans, serait annihilée par les 2,8 millions d’euros qu’elle continuerait à verser au titre du Fonds national de garantie individuelle des ressources communales et intercommunales, un fonds de péréquation créé en 2010 après la suppression de la taxe professionnelle.

"Le gouvernement et le président ne veulent pas ouvrir la boîte de Pandore, ils ne veulent pas créer un précédent", a dit à Reuters Claude Bender, maire de Fessenheim.

Le secrétaire d’Etat a promis d’organiser une réunion interministérielle pour évoquer le sujet.

(Emmanuel Jarry et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)


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