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L'appétit pour le risque se joue encore une fois des tensions

L'appétit pour le risque se joue encore une fois des tensions
Crédit photo © Reuters

PARIS, (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé mardi en nette hausse, la foi dans une reprise économique rapide, avec entre autres le soutien des banques centrales, l'emportant toujours largement sur les craintes liées aux tensions commerciales avec la Chine comme aux tensions sociales aux Etats-Unis.

À Paris, le CAC 40 affiche sur la journée une progression de 2,02% (96,19 points) à 4858,97 points, sa meilleure clôture depuis le 6 mars. A Londres, le FTSE 100 a gagné 0,89% et à Francfort, restée fermée lundi pour la Pentecôte, le Dax a bondi de 3,75%.

L'indice EuroStoxx 50 a pris 2,63%, le FTSEurofirst 300 1,49% et le Stoxx 600 1,57%, au plus haut depuis le 9 mars.

Les espoirs placés par les investisseurs dans le scénario d'une reprise économique rapide grâce à la levée des mesures de confinement et de distanciation physique dans de nombreux pays continue donc de favoriser le retour sur les actifs risqués, au point que certains analystes n'excluent plus un retour sur les sommets du début de l'année.

Ce sentiment l'emporte pour l'instant largement sur les risques liés au regain de tensions diplomatiques et commerciales entre Washington et Pékin, comme sur les incertitudes créées par les manifestations parfois violentes des derniers jours aux Etats-Unis.

"La période faste se prolonge sur le marchés risqués", constate Mazen Issa, stratège senior de TD Securities, dans une note. "Aussi marqué qu'ait été le rally, il devrait continuer car la vigueur de la hausse des actions s'est étendue désormais au-delà des Etats-Unis."

Autre soutien pour les actions européennes: la perspective de l'annonce jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) d'une augmentation de ses achats d'actifs, sans doute de plusieurs centaines de milliards d'euros.

VALEURS

La hausse a profité à la quasi-totalité des grands secteurs de la cote européenne, la seule exception étant pour le compartiment de la pharmacie et de la santé (-0,27%).

L'indice Stoxx de l'assurance a pris 4,07%, celui de l'automobile 3,82% et celui de l'immobilier 3,92%.

Le géant des centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield s'est adjugé 10,06%, la plus forte hausse du CAC 40, après des déclarations optimistes sur le retour des clients dans les boutiques.

Les constructeurs automobiles allemands ont bénéficié quant à eux de l'évocation d'un budget de cinq milliards d'euros dédié à une relance des ventes de voitures: Volkswagen a gagné 5,74%, Daimler 7,73% et BMW 5,23%.

A noter aussi, la hausse de 6,21% de TF1 après l'annonce d'un accord avec Mediapro en vue du lancement d'une chaîne de football en France appelée à diffuser la majorité des matchs de la Ligue 1 française.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé: si le Dow Jones gagnait 0,51%, le Standard & Poor's 500 limitait sa progression à 0,14% et le Nasdaq Composite reculait de 0,56%, pénalisé par le recul de poids lourds des hautes technologies comme Intel (-1,28%) ou Microsoft (-0,67%).

CHANGES

Sur le marché des devises, le dollar poursuit son repli, l'appétit général pour le risque le privant de son attrait de valeur refuge. L'indice qui mesure ses fluctuations face à un panier de monnaies de référence recule de 0,21%.

L'euro, au contraire, reste soutenu à l'approche de la réunion de la BCE, à 1,1172 dollar, après avoir atteint, à 1,1195, son plus haut niveau depuis le 17 mars.

Les devises dépendantes de la croissance économique que sont le dollar canadien et le dollar australien sont elles aussi bien orientées.

TAUX

Si la hausse des actions a souvent tendance à faire monter les rendements obligataires, ce schéma n'a pas été suivi lundi dans la zone euro: le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la région, a cédé plus de deux points de base à -0,418% et son équivalent français 2,5 points à -0,048%.

Ce mouvement s'explique principalement par l'anticipation d'une augmentation de plusieurs centaines de milliards d'euros des achats de titres de la BCE qui pourrait être annoncé jeudi à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs.

Sur le marché obligataire américain, les rendements de référence varient peu, les investisseurs commençant à se positionner en vue de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale des 9 et 10 juin. Le rendement des Treasuries à dix ans est quasi stable à 0,6656%.

PÉTROLE

Les anticipations d'une réduction prolongée d'un mois ou deux des réductions de production de l'"Opep+" s'ajoutent aux espoirs de reprise de la demande pour favoriser la hausse des cours du pétrole.

Le Brent gagne 2,64% à 39,33 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,43% à 36,30 dollars.

A SUIVRE MERCREDI:

La séance de mercredi sera animée successivement par la suite des résultats définitifs des enquêtes PMI en Europe, par l'enquête ADP sur l'emploi privé aux Etats-Unis puis par l'indice ISM des services américains.

(Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)


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