»
»
»
Consultation

L'ancien président brésilien Lula s'est livré à la police

L'ancien président brésilien Lula s'est livré à la police
Crédit photo © Reuters

SAO BERNARDO DO CAMPO, Brésil (Reuters) - L'ancien président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva s'est finalement livré samedi à la police, après avoir refusé de le faire la veille, malgré le mandat de dépôt dont il faisait l'objet pour sa condamnation à 12 ans de prison dans une affaire de corruption.

S'adressant à une foule de partisans rassemblés devant le siège du syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo à Sao Paulo, où il a entamé sa carrière politique et où il s'était réfugié depuis jeudi, l'ex-chef de l'Etat avait auparavant de nouveau clamé son innocence et dénoncé un crime politique.

"Je vais me conformer à l'ordre et vous deviendrez tous Lula", a-t-il promis. "Je ne suis pas au-dessus des lois. Si je ne croyais pas à la loi, je n'aurais pas créé de parti politique, j'aurais fait une révolution."

Lula, qui est âgé de 72 ans, va être placé en détention dans une prison de Curitiba, au sud du pays, où il va commencer à purger sa peine.

L'ancien chef de l'Etat était en tête des intentions de vote pour l'élection présidentielle d'octobre prochain. Sa mise hors jeu fera probablement les affaires d'un candidat plus centriste, estiment les observateurs.

Elle marque également la fin d'une ère pour la gauche brésilienne, dont de très nombreux militants étaient rassemblés devant le siège syndical de Sao Paulo, où la police attendait la reddition de leur chef de file.

Leur présence dès l'arrivée de Lula jeudi soir a dissuadé la police d'intervenir pour l'arrêter et a attisé les craintes de débordements.

L'ancien président, au pouvoir de 2003 à 2011, a été reconnu coupable d'avoir accordé des marchés publics à une entreprise de construction en échange de la rénovation d'un appartement de bord de mer qu'il nie avoir jamais possédé.

"Je suis la seule personne poursuivie pour un appartement qui ne lui appartient pas", a-t-il affirmé samedi, juché sur la remorque d'un camion aux côtés de Dilma Rousseff, qui lui a succédé à la présidence avant d'être destituée pour maquillage des comptes publics.

La Cour suprême avait auparavant rejeté le dernier recours des avocats de Lula, qui demandaient la suspension du mandat de dépôt en attendant que les recours contre sa condamnation soient examinés sur le fond. Un juge fédéral lui avait donné jusqu'à 20h00 GMT vendredi pour se présenter de lui-même à la police et se constituer prisonnier afin de commencer à purger sa peine.

Selon la loi électorale brésilienne, une condamnation vaut huit ans d'inéligibilité. De rares exceptions ont été faites par le passé et la décision relève du tribunal électoral suprême, qui se prononcera si Lula fait acte de candidature.

(Gram Slattery et Tatiana Ramil, avec Ricardo Brito à Sao Paulo; Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com