L'AIE bien moins alarmiste pour le marché pétrolier mondial

L'AIE bien moins alarmiste pour le marché pétrolier mondial

par Noah Browning

LONDRES, 12 mai (Reuters) - Le marché pétrolier mondial n'est pas menacé de pénurie, même en cas de durcissement des sanctions visant la Russie, a déclaré jeudi l'Agence internationale de l'énergie, une prévision bien moins alarmante qu'il y a deux mois, lorsque l'AIE mettait en garde contre le risque d'un "choc d'offre global".

L'organisation internationale, qui tablait mi-mars sur une chute de trois millions de barils par jour de la production de brut en avril, a revu cette estimation à la baisse pour la deuxième fois, à un million de bpj.

L'augmentation de la production dans plusieurs régions et le ralentissement de la croissance de la demande liée aux confinements en Chine permettront de prévenir un déficit important, ajoute-t-elle.

"Au fil du temps, l'augmentation régulière des volumes dans des pays du Moyen-Orient membres de l'Opep+ et aux Etats-Unis, conjuguée à un ralentissement de la croissance de la demande, devrait empêcher un déficit d'offre important dans le contexte des perturbations accrues de l'offre russe", résume-t-elle dans son rapport mensuel.

Ces prévisions suggèrent que l'impact économique des probables nouvelles sanctions à venir visant le secteur russe de l'énergie pourrait être limité.

"L'envolée des prix à la pompe et le ralentissement de la croissance économique devraient peser de manière significative sur la reprise de la demande jusqu'à la fin de l'année et début 2023", ajoute l'AIE.

Selon ses estimations, la production russe a diminué d'environ un million de bpj en avril, alors qu'elle tablait sur une baisse de près de 1,5 million de bpj.

Cette baisse devrait atteindre 1,6 million de bpj en mai, deux millions en juin et près de trois millions à partir de juillet si les sanctions freinent les achats, précise-t-elle.

Les exportations pétrolières russes ont rebondi de 620.000 bpj en avril par rapport à mars pour atteindre 8,1 millions de bpj, retrouvant ainsi leur niveau moyen de janvier-février, ajoute l'AIE, la baisse des achats américains et européens étant compensée par l'augmentation de ceux d'autres pays, dont l'Inde.

L'Union européenne, qui discute actuellement d'un embargo sur le pétrole russe, reste le premier débouché à l'export du brut russe, ses achats n'ayant diminué que de 535.000 bpj depuis le début de l'année, précise le rapport. Elle représente ainsi encore 43% des exportations pétrolières de Moscou, contre 50% environ en début d'année.

(Reportage Noah Browning, version française Marc Angrand)

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