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L'affaire Leonarda divise la gauche et mobilise les lycéens

L'affaire Leonarda divise la gauche et mobilise les lycéens

PARIS (Reuters) - Le débat politique en France sur l'expulsion d'une collégienne kosovare a pris une nouvelle dimension jeudi avec la mobilisation de centaines de lycéens qui font écho à l'indignation d'une partie de la majorité de gauche.

De nouveau au coeur de la polémique, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, accusé dans son camp de faire une politique de droite, a assuré en marge d'un déplacement aux Antilles qu'il était "de gauche" tout en défendant "une politique assumée et ferme en matière de gestion des flux migratoires".

Les syndicats lycéens Fidl et UNL ont lancé un appel à manifester pour exiger le retour en France de Leonarda, 15 ans, ainsi que de Khatchik Kachatryan, 19 ans, élève d'un lycée du 18e arrondissement de Paris expulsé samedi dernier vers l'Arménie.

Selon l'UNL, des lycéens se sont rassemblés devant une vingtaine d'établissements à Paris et une dizaine en banlieue. Ils devaient manifester à la mi-journée place de la Nation, à Paris, où des enseignants devaient les rejoindre.

Après d'autres dirigeants de gauche, le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, allié du Parti socialiste au sein du gouvernement, a dénoncé, à propos de l'expulsion de Leonarda Dibrani, une "faute" et une méthode "intolérable".

"Vous pouvez m'expliquer tout ce que vous voulez sur la loi. Vous n'arriverez jamais à me démontrer que faire descendre un gamin d'un bus scolaire pendant une visite avec ses camarades de classe (...) c'est la loi", a dit Pascal Durand sur France Info.

Le dirigeant écologiste a réclamé la fin des expulsions de mineurs et en a appelé à François Hollande, jusqu'ici silencieux sur cette affaire qui met de nouveau à mal la cohésion de sa majorité et de son gouvernement.

Il faut que le chef de l'Etat dise "quelles sont les politiques publiques qu'il veut mettre en place en matière d'intégration, d'éducation, de non-discrimination", a-t-il dit.

La porte-parole du gouvernement a jugé "choquantes" les conditions de l'expulsion de Leonarda telles qu'elles ont été rapportées mais a défendu le ministre de l'Intérieur.

"UN BALLE DANS LE PIED"

"L'école doit être sanctuarisée", a déclaré Najat Vallaud-Belkacem sur RTL, comme l'avait fait la veille le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon. "Aller chercher un enfant à la porte de son école ou dans une activité périscolaire ne fait pas partie de nos façons de faire."

La ministre des Droits des femmes s'est cependant abritée derrière l'enquête administrative ouverte sur les conditions de la reconduite à la frontière de Leonarda et de sa famille.

Les conclusions de cette enquête seront connues sous peu. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a assuré que Leonarda et sa famille reviendraient en France si une faute était démontrée.

Najat Vallaud-Belkacem a reproché aux détracteurs de Manuel Valls, comme le président socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, d'avoir parlé trop vite -"Quand on n'a pas suffisamment d'informations pour s'exprimer, il vaut mieux attendre".

Elle a qualifié de "totalement ubuesques" les accusations lancées contre le ministre de l'Intérieur. "S'il y a des responsabilités, elles sont à un niveau local et il faut s'interroger sur celles-là", a-t-elle dit.

Une partie de la gauche a mis en cause le préfet du Doubs, Stéphane Fratacci, qui fut secrétaire général du ministère de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale sous Nicolas Sarkozy.

L'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a pris la défense de Manuel Valls jeudi, estimant que la gauche se tirait "une balle dans le pied" en l'attaquant.

"C'est favoriser le Front national de ne pas appliquer convenablement la loi", a-t-il dit sur i>TELE.

A droite, l'UMP ironise sur les divisions au sein du gouvernement et de la majorité.

"Ce n'est plus le Parti socialiste, c'est le parti schizophrène: Valls et Duflot, Valls et Taubira, Moscovici et Montebourg ..." a commenté l'ancienne ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet sur LCI et Radio Classique. "Ils ont besoin d'une bonne thérapie de groupe."

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet


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