Kazakhstan : Le président Tokaïev évoque une tentative de coup d'Etat

Kazakhstan : Le président Tokaïev évoque une tentative de coup d'Etat
Kazakhstan : Le président Tokaïev évoque une tentative de coup d'Etat
Crédit photo © Reuters

NOURSOULTAN (Reuters) - Le président kazakh Kassim-Jomart Tokaïev a déclaré lundi que son pays avait échappé à une tentative de coup d'Etat coordonnée par ce qu'il a appelé un "centre unique" après les violentes manifestations qui ont secoué le pays la semaine dernière.

Dans un discours prononcé lors d'une visio-conférence réunissant les membres de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), menée par la Russie et réunissant plusieurs pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, Kassim-Jomart Tokaïev a indiqué que l'ordre avait été rétabli au Kazakhstan mais que la recherche de "terroristes" se poursuivait.

"Sous le couvert de protestations spontanées, une vague de troubles a éclaté (...). Il est devenu évident que l'objectif principal était de saper l'ordre constitutionnel et de prendre le pouvoir. Nous parlons d'une tentative de coup d'État", a-t-il déclaré.

Des manifestations contre la hausse du prix du carburant ont commencé il y a un peu plus d'une semaine dans le pays avant de dégénérer en protestations plus larges et violentes contre le gouvernement de Kassim-Jomart Tokaïev.

Cette contestation est sans précédent dans l'histoire du Kazakhstan, ex-république soviétique indépendante depuis 1991 et dirigée d'une main de fer jusqu'en 2019 par Noursoultan Nazarbaïev, 81 ans et toujours très influent même s'il a cédé la présidence il y a trois ans.

"S'EMPARER DE LA CAPITALE"

"Le coup principal était dirigé contre Almaty [la plus grande ville du pays, ndlr]. La chute de cette ville aurait ouvert la voie à une prise de contrôle du sud densément peuplé, puis de l'ensemble du pays", a déclaré lundi Kassim-Jomart Tokaïev. "Ils prévoyaient ensuite de s'emparer de la capitale".

Le président kazakh a ajouté qu'une opération "antiterroriste" de grande envergure allait bientôt prendre fin, de même qu'une mission de l'OTSC dans le pays regroupant plus de 2.000 soldats.

Kassim-Jomart Tokaïev a défendu sa décision de faire appel à des troupes menées par la Russie pour intervenir dans le pays, assurant que les doutes sur la légitimité de ce recours provenaient d'un manque d'information.

Le Kazakhstan va fournir prochainement à la communauté internationale des preuves de ce qui s'est passé, a poursuivi le président, qui a chiffré à 16 le nombre des membres des forces de sécurité tués lors des affrontements avec les manifestants.

Le nombre de civils tués lors des violences est en cours de vérification, a-t-il indiqué.

Le ministère de l'Intérieur du Kazakhstan avait déclaré plus tôt lundi que des radicaux islamistes formés à l'étranger figuraient parmi ceux qui avaient attaqué des bâtiments gouvernementaux et des forces de sécurité la semaine dernière.

Près de 8.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre, a ajouté le ministère.

Dimanche, le président Kassim-Jomart Tokaïev a limogé deux responsables de la sécurité nationale qui étaient des adjoints de Karim Massimov, l'ancien chef du comité de sécurité nationale du Kazakhstan, qui a été arrêté samedi pour soupçons de trahison.

(Reportage par Tamara Vaal à Noursoultan; rédigé par Tom Balmforth; Blandine Hénault pour la version française, édité par Jean-Michel Bélot et Matthieu Protard)

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