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Jean-Luc Mélenchon porte l'étendard de la "révolution fiscale"

Jean-Luc Mélenchon porte l'étendard de la "révolution fiscale"

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon a battu dimanche le rappel de la gauche contestataire pour porter la revendication d'une "révolution fiscale", avec en point de mire l'abolition de la prochaine hausse de la TVA.

Le leader du Front de gauche, qui espère renouveler le succès de sa marche du printemps contre l'austérité, entend ainsi ne pas laisser le monopole de la grogne contre la fiscalité à des mouvements comme celui des "bonnets rouges" en Bretagne, qu'il critique en termes très durs.

La présence de ses alliés communistes lui permet aussi de reléguer au second plan les divergences qui sont apparues pour les municipales de fin mars, le PC ayant privilégié dans de nombreux cas, comme à Paris, une alliance avec le Parti socialiste plutôt que des listes autonomes.

Pour mobiliser ses troupes, Jean-Luc Mélenchon a prévu de manifester jusque sous les fenêtres du ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy, présenté comme un "portique aux mains des banques", et a recours à un langage révolutionnaire.

"La France est en 1788", a-t-il déclaré dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France.

"Le système de l'impôt est rejeté par tout le monde car tous savent qu'il protège les privilégiés fortunés (...) Il faut établir un impôt universel et juste. Et abolir les privilèges."

Selon lui, la hausse de la TVA à partir du 1er janvier, qui concerne tant le taux ordinaire (de 19,6% à 20%) que le taux intermédiaire (de 7% à 10%), coûtera en moyenne 428 euros par an pour une famille de quatre personnes, et ce "pour donner 20 milliards de cadeaux sans contrôle" au patronat.

"UNE MÉTHODE QUI SENT L'EMBROUILLE"

"Les très riches et les très grandes entreprises ne contribuent pas à la hauteur de leurs moyens. Au contraire, ils se servent à pleines mains", a-t-il encore dit dans une allusion à l'affaire de la retraite chapeau du président de PSA Peugeot-Citroën, Philippe Varin.

Les manifestants ont commencé à se rassembler dans le calme dimanche en début d'après-midi place d'Italie.

Outre le PC, le Nouveau parti anticapitaliste et Lutte Ouvrière ont annoncé leur participation, mais pas les syndicats.

Dans le Journal du Dimanche, Pierre Laurent, secrétaire national du PC, évoque le début d'une "phase nouvelle, où nous sentons grandir le réveil de la mobilisation à gauche."

"Le peuple de gauche est en train de passer du sentiment d'impuissance qu'avait provoqué le renoncement gouvernemental à un nouvel état d'esprit de mobilisation", a-t-il dit en réclamant la tenue d'états généraux pour la justice fiscale.

Les communistes porteront cette revendication lundi à Matignon, où leurs chefs de groupes parlementaires seront reçus dans le cadre des consultations du Premier ministre sur la remise à plat de la fiscalité, même si Pierre Laurent dénonce une "méthode qui sent l'embrouille".

"Jean-Marc Ayrault fait un tour de consultations alors que ses services sont déjà en train d'écrire une réforme qui n'a rien à voir avec la demande sociale exprimée", indique-t-il.

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon s'en prend aux médias qui doutent de sa capacité à mobiliser sur ce sujet.

"A la fin, on verra que personne dans le pays n'est capable de mobiliser autant que nous", dit-il, "Nous serons très nombreux, j'en prends le pari."

Yann Le Guernigou, édité par Jean-Loup Fiévet


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