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Jaguar craint la destruction de milliers d'emplois à cause du Brexit

Jaguar craint la destruction de milliers d'emplois à cause du Brexit
Crédit photo © Reuters

par Costas Pitas

BIRMINGHAM, Grande-Bretagne (Reuters) - Un mauvais accord sur le Brexit pourrait entraîner la destruction de dizaines de milliers d'emplois dans le secteur automobile britannique, a déclaré mardi le patron de Jaguar Land Rover (JLR), en disant ne pas savoir si les usines du groupe pourront fonctionner au lendemain de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Ralf Speth a ajouté que le premier constructeur automobile britannique pourrait ne plus être en mesure d'assembler de véhicules si les contrôles douaniers transforment l'autoroute menant au port de Douvres en "parking" à cause des bouchons.

Le patron de Jaguar Land Rover a lancé cet avertissement lors d'une conférence à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, où il s'exprimait juste avant Theresa May.

La Première ministre britannique peine à faire accepter son plan pour le Brexit aussi bien par son Parti conservateur que par l'Union européenne.

"Un millier (d'emplois ont été) perdus en conséquence de la politique contre le diesel et cela se comptera en dizaines de milliers si nous n'obtenons pas le bon accord sur le Brexit", a dit Ralf Speth.

"Le Brexit doit avoir lieu le 29 mars de l'an prochain. Actuellement, je ne sais même pas si la moindre de nos usines d'assemblage au Royaume-Uni sera en mesure de fonctionner le 30."

Le secteur automobile britannique emploie plus de 850.000 personnes. Il est en très large partie aux mains d'investisseurs étrangers et ses chaînes d'approvisionnement et de distribution s'étendent dans le monde entier, en particulier dans l'Union européenne, son principal marché d'exportation.

Pour Jaguar Land Rover, un accès sans entrave au marché unique européen est "aussi important pour notre activité que les roues le sont pour nos voitures", a dit Ralf Speth.

JLR, qui doit ouvrir une nouvelle usine en Slovaquie d'ici la fin de l'année, affirme qu'il lui revient déjà moins cher de produire à l'étranger.

"C'est des milliers de livres moins chers de construire des véhicules par exemple en Europe de l'Est qu'à Solihull (dans le centre de l'Angleterre-NDLR) et quelles décisions serais-je contraint de prendre si le Brexit signifie non seulement que les coûts augmentent mais que nous ne pouvons pas physiquement construire des voitures au Royaume-Uni en respectant les contraintes de temps et de coûts ?", a interrogé Ralf Speth.

"Toute friction à nos frontières met en péril notre production, à un coût de 60 millions de livres par jour."

Un porte-parole de Theresa May a assuré que les projets de la Première ministre contenaient des propositions spécifiques pour préserver l'emploi dans l'industrie.

(Avec Kylie MacLellan; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic)


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