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Italie : Mario Draghi promet de vastes réformes, appelle à l'unité

Italie : Mario Draghi promet de vastes réformes, appelle à l'unité
Crédit photo © Reuters

par Crispian Balmer et Gavin Jones

ROME (Reuters) - Le nouveau président du Conseil italien, Mario Draghi, s'est engagé mercredi à mener de vastes réformes pour redresser un pays frappé par la pandémie due au nouveau coronavirus, avant un vote de confiance au Sénat sur le gouvernement d'union nationale qu'il a formé.

Dans son discours inaugural au Parlement, l'ancien dirigeant de la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré que sa principale mission serait de "combattre la pandémie par tous les moyens et de préserver la vie de (ses) concitoyens".

Mario Draghi, qui a prêté serment samedi, a pris la tête d'un gouvernement rassemblant quasiment l'intégralité du paysage politique italien et soutenu par tous les grands partis.

"Aujourd'hui, l'unité n'est pas une option, l'unité est un devoir", a-t-il ajouté.

L'ancien banquier a déclaré que son gouvernement se projetterait aussi vers l'avenir avec plusieurs réformes visant à favoriser la croissance à long terme de la troisième économie de la zone euro, qui subit sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

Dans l'immédiat, sa priorité sera de mener à bien la campagne de vaccination contre le COVID-19 et de redéfinir les modalités d'utilisation des quelque 200 milliards d'euros attribués à l'Italie par l'Union européenne dans le cadre de son vaste plan de relance économique.

Soucieux de garantir une utilisation à bon escient de ces fonds, Mario Draghi a dit souhaiter une réforme de l'administration publique, régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité, et du système judiciaire, l'un des plus lents d'Europe.

"Aujourd'hui, comme les gouvernements de l'immédiat après-guerre, nous avons la possibilité, ou plutôt la responsabilité, de lancer une nouvelle reconstruction", a-t-il dit, avant de recevoir une ovation debout des sénateurs au terme d'un discours de 50 minutes.

DES DÉFIS IMPORTANTS

S'il parvient à sortir l'Italie de la récession, Mario Draghi redonnerait aussi du souffle à l'UE dans son ensemble, alors que le bloc s'inquiète de longue date de la morosité chronique de l'économie de la péninsule.

Figure respectée en Europe après ses huit années à la tête de la BCE, Mario Draghi, dont la nomination a été saluée par les investisseurs, fait face cependant à des défis importants.

Au premier rang de ces défis figure l'unité d'une coalition gouvernementale disparate où vont se côtoyer des rivaux politiques ayant des opinions divergentes en matière d'immigration, de politique industrielle et d'aide sociale, notamment.

En outre, de nombreux secteurs de l'économie sont actuellement au point mort et certaines entreprises ne doivent leur survie qu'aux aides de l'Etat.

Mario Draghi a reconnu qu'il ne pouvait pas sauver tous les emplois et les entreprises. "Certaines devront se transformer, même radicalement", a-t-il dit.

Avec le large soutien parlementaire dont il dispose sur le papier, le vote de confiance prévu ce mercredi à partir de 22h00 GMT au Sénat ne devrait être qu'une formalité. La Chambre des députés se prononcera à son tour jeudi.

(Avec Angelo Amante et Giulia Segreti; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault et Bertrand Boucey)


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