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Iran: Les Européens n'ont pas à payer de sanctions, dit la France

Iran: Les Européens n'ont pas à payer de sanctions, dit la France

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La France entend affirmer la souveraineté européenne face à des sanctions extraterritoriales "inacceptables" des Etats-Unis en Iran, ont déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et celui de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire.

Dans le sillage de la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, qui ouvre la voie à un rétablissement des sanctions à l'égard notamment des entreprises européennes ayant des relations d'affaires avec l'Iran, la France, qui défend l'idée d'un accord plus large, s'attend à des discussions difficiles et à des avancées par à-coups.

"Nous disons aux Américains que les mesures de sanction qu'ils vont prendre les concernent, eux. Mais nous considérons que l'extraterritorialité de leurs mesures de sanctions est inacceptable. Les Européens n'ont pas à payer pour le retrait d'un accord par les États-Unis, auxquels ils avaient eux-mêmes contribué", déclare le chef de la diplomatie française dans l'édition de vendredi du Parisien.

"Les désaccords ont toujours été assumés. Sur le climat comme sur le nucléaire. Cela ne nous empêche pas d'être des alliés historiques, d'en être fiers. Mais alliance historique ne signifie pas alignement politique", souligne-t-il.

En parallèle, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire propose vendredi de développer des instruments financiers "pour affirmer la souveraineté européenne face aux sanctions extraterritoriales américaines", comme par exemple un bureau européen de contrôle des actifs étrangers similaire à celui dont sont dotés les Etats-Unis, et appelle les Etats européens à "ouvrir les yeux".

"J'ai appelé mon homologue américain (ndlr, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin) il y a deux jours et je lui ai dit a quel point ces décisions étaient contraires à ce que nous voulions construire avec nos alliés américains et je lui ai demandé soit des exemptions pour un certain nombre de nos entreprises, soit des délais d'application plus longs", a-t-il déclaré vendredi sur Europe 1.

"Nous avons des entreprises comme Total, Renault et Sanofi qui sont implantées en Iran, et nous voulons défendre nos intérêts économiques", a-t-il déclaré, sans toutefois se "faire d'illusion" sur la réponse américaine.

"Qu'est-ce que nous voulons être? Des vassaux qui obéissent le doigt sur la couture du pantalon à des décisions prises par les Etats-Unis ?", a-t-il dit. "Voulons-nous que les Etats-Unis soient le gendarme économique de la planète ?"

(Julie Carriat, édité par Henri-Pierre André)


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