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Information judiciaire sur la mort de Naomi Musenga à cause du Samu

Information judiciaire sur la mort de Naomi Musenga à cause du Samu
Crédit photo © Reuters

STRASBOURG (Reuters) - La procureure de la République de Strasbourg a annoncé mercredi l’ouverture prochaine d’une information judiciaire dans l’affaire Naomi Musenga, cette jeune femme de 22 ans morte après avoir été tardivement prise en charge par le Samu, où une opératrice s’était d’abord moquée de ses plaintes.

Cette information judiciaire est ouverte du chef de "non-assistance à personne en péril contre l'opératrice du centre des appels d'urgence et tous autres, ainsi que du chef d'homicide involontaire contre X", dit Yolande Renzi dans un communiqué.

L’enquête préliminaire ouverte le 9 mai a montré que la jeune femme, qui se plaignait de douleurs au ventre et disait à l’opératrice qu'elle allait mourir, serait décédée d’une "intoxication au Paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours".

"La destruction évolutive des cellules de son foie a emporté une défaillance de l'ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès", précise le communiqué.

L’affaire, survenue fin décembre, avait été révélée dans la presse début mai après que les parents eurent reçu, à leur demande, un enregistrement de l’appel de leur fille au Samu. On y entendait l’opératrice répondre notamment "vous allez mourir certainement un jour, comme tout le monde" avant de l’inviter à appeler SOS Médecins.

Un deuxième appel n’allait pas donner plus de résultat et c’est un appel de SOS Médecins au Samu qui allait déclencher l’envoi des secours avec plus de deux heures de retard.

Un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) avait pointé le comportement non conforme aux bonnes pratiques de l’opératrice, mais aussi les défaillances dans la procédures de prise en charge des appels au Samu des Hopitaux de Strasbourg, qui autorisaient, dans certains cas, les opérateurs à ne pas transmettre un appel au médecin régulateur.

Le rapport critiquait la façon "inadaptée" dont le dossier médical avait été transmis à la famille tardivement et sans accompagnement.

L’opératrice mise en cause fait l’objet d’une procédure disciplinaire diligentée seulement après la révélation de l’affaire dans la presse tandis que le chef de service du Samu a démissionné après la publication du rapport de l’Igas.

Lors d’une conférence de presse organisée en juin pour demander l’ouverture d’une information judiciaire, Me Mohamed Aachour, avocat de la famille Musenga, avait estimé que le chef du Samu avait "servi de fusible" et souhaité que les responsabilités soient recherchées à un plus haut niveau.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)


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