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Huawei et ZTE vont être exclus des marchés publics japonais

Huawei et ZTE vont être exclus des marchés publics japonais
Crédit photo © Reuters

par Yoshiyasu Shida et Yoshifumi Takemoto

TOKYO (Reuters) - Le Japon prévoit d'interdire l'accès des équipementiers télécoms chinois Huawei Technologies et ZTE à ses marchés publics, une initiative destinée à se prémunir des cyberattaques et du vol d'informations, a-t-on appris vendredi auprès de deux sources.

Les agences américaines du renseignement estiment que Huawei est lié au gouvernement chinois et que ses infrastructures pourraient contenir des accès cachés pour permettre une utilisation par les services d'espionnage chinois.

Selon le journal Yomiuri, qui a rapporté l'information en premier lieu, le gouvernement japonais prévoit de modifier sa réglementation interne dès lundi dans le but d'empêcher des cyberattaques et le vol de renseignements.

Le ministère des Affaires étrangères chinoises s'est dit très préoccupé par ces informations.

Huawei et ZTE ne seront pas nommément cités dans la nouvelle réglementation, mais le gouvernement mettra en place des mesures visant à renforcer la sécurité des entreprises, ont dit deux sources.

Yoshihide Suga, porte-parole du gouvernement, n'a pas souhaité commenter l'information mais il a souligné que le Japon entretenait des relations étroites avec les Etats-Unis dans un grand nombre de domaines, y compris en matière de sécurité informatique.

"La cybersécurité est en train de devenir un problème important au Japon", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Nous prendrons des mesures fermes en examinant le problème sous différents angles."

"DIFFICILE DE CONTRAINDRE DES ENTREPRISES PRIVÉES"

ZTE s'est refusé pour sa part à tout commentaire et Huawei n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations.

Huawei fournit des équipements aux opérateurs télécoms japonais NTT Docomo et KDDI. Le conglomérat japonais Softbank est pour sa part un partenaire de longue date de Huawei avec lequel il mène des essais sur les réseaux de cinquième génération (5G).

"Le gouvernement n'acceptera pas qu'il y ait des problèmes de sécurité mais il est difficile de restreindre les achats des entreprises privées", a noté l'une des sources.

Docomo et SoftBank ne se sont pas exprimés dans l'immédiat.

Un porte-parole de KDDI a dit regarder attentivement le sujet et envisager des mesures appropriées.

Aux Etats-Unis, Sprint, la filiale télécoms mobile de SoftBank dont T-Mobile US finalise le rachat, ne s'approvisionne plus auprès de Huawei et de ZTE.

L'opérateur télécoms britannique BT a annoncé cette semaine vouloir retirer les équipements de Huawei du coeur de ses réseaux mobiles.

En août dernier, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, craignant une éventuelle ingérence de la Chine dans leurs infrastructures de communications, ont demandé aux opérateurs télécoms de ne pas utiliser les équipements de Huawei dans les nouveaux réseaux de téléphonie mobile 5G.

La directrice financière de Huawei a été arrêtée au début du mois au Canada sur demande des autorités américaines. Meng Wanzhou a été interpellée dans le cadre d'une enquête américaine sur un montage bancaire permettant d'échapper aux sanctions US contre l'Iran, a-t-on indiqué jeudi de sources proches du dossier.

Huawei a annoncé vendredi la nomination de son président Liang Hua au poste de directeur financier par intérim.

(Jean Terzian et Claude Chendjou pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)


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