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HSBC, bonnet d'âne des écarts salariaux hommes-femmes en Grande-Bretagne

HSBC, bonnet d'âne des écarts salariaux hommes-femmes en Grande-Bretagne

Crédit photo © Reuters

par Andrew MacAskill et William James

LONDRES (Reuters) - HSBC, la première banque européenne, rémunère en moyenne son personnel masculin 59% de plus que ses employées féminines, ce qui constitue l'écart le plus important constaté au sein des grandes entreprises britanniques.

Ce chiffre résulte d'une analyse de Reuters faite à partir de données publiées par près de 500 entreprises ou organismes employant plus de 5.000 personnes et en prenant la moyenne comme mesure.

A la compagnie aérienne Virgin Atlantic, l'écart est de 58% et la troisième place revient à une filiale de Barclays où l'écart est de 48%.

Sur les 491 entreprises, ministères, organisations caritatives, autorités locales et ensembles hospitaliers passés au crible, Reuters a déterminé que 97% rémunéraient davantage les hommes que les femmes, le solde de 3% faisant l'inverse.

Selon cette même analyse, l'écart salarial moyen entre hommes et femmes est de 15,5%.

Espérant révéler au grand jour les discriminations liées au sexe et obliger ainsi les entreprises incriminées à s'amender, la Première ministre britannique Theresa May a mis en oeuvre une réforme obligeant les sociétés employant au moins 250 salariés à publier d'ici mercredi soir les écarts salariaux entre leurs effectifs masculins et féminins, qui feront en outre désormais l'objet d'une révision annuelle.

Cela étant, les entreprises n'ont pas l'obligation de donner des chiffres très détaillés et certains reprochent à des données qui ne seraient que des moyennes de masquer bien des disparités qui seraient liées à d'autres éléments non pris en compte, démographiques notamment.

Les grandes banques ont expliqué les écarts par le fait que les femmes sont moins nombreuses dans les postes à responsabilité ou dans les salles de marché, tandis que Virgin Atlantic y voit le reflet des disparités salariales entre pilotes - très majoritairement hommes - et les autres métiers d'une compagnie aérienne.

Le Parti travailliste avait le premier mis en place, en 2010, une initiative visant à informer le public sur les écarts de salaire mais était restée sans lendemain après sa défaite aux élections. Theresa May a repris l'idée et lui a donné force de loi l'an dernier.

"En rendant cette information publique, les entreprises ne pourront plus dissimuler quoi que ce soit", écrit la Première ministre dans le Daily Telegraph. "Actionnaires et clients voudront voir les choses s'améliorer et les entreprises devront assumer leurs responsabilités si elles font défaut".

Ce faisant, la Grande-Bretagne imite des pays tels que l'Australie, où l'obligation d'informer existe depuis 2012, et l'Allemagne.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)


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