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Hollande promet de réformer pour relancer son quinquennat

Hollande promet de réformer pour relancer son quinquennat
Crédit photo © Reuters

par Julien Ponthus et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - François Hollande a demandé vendredi à son gouvernement de se concentrer sur trois objectifs - emploi, réduction des déficits, transition énergétique - à l'aube d'une année charnière pour un quinquennat que beaucoup jugent mal engagé.

Lors du premier conseil des ministres de 2014, le chef de l'Etat, qui bat des records d'impopularité après 20 mois de pouvoir, a rappelé que cette année serait aussi électorale.

Mais plus que le risque d'une sanction massive aux élections municipales de mars et aux européennes de mai, il a insisté sur la contrainte de temps pesant sur le gouvernement.

Selon la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, il a demandé à ses ministres "rapidité", "réactivité" et "capacité d'anticipation" lors du traditionnel échange de voeux de nouvelle année avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à la fin du conseil.

"Le président (...) a insisté sur la nécessité pour chaque ministre de se sentir tenu par des objectifs collectifs et partagés au-delà de son propre département ministériel."

A l'emploi, la réduction des déficits publics et la transition énergétique, il a ajouté la "cohésion de la société", a précisé la porte-parole.

François Hollande a dit "à quel point le temps utile en termes de débats parlementaires allait être court durant l'année qui vient", a-t-elle ajouté. "Et donc il a demandé à chacun des membres du gouvernement de faire en sorte de ne passer par la loi que lorsque c'est strictement indispensable."

"PACTE DE RESPONSABILITÉ"

Sauf bonne surprise dans les prochaines statistiques, le chef de l'Etat ne sera pas vraiment parvenu à tenir sa promesse d'une inversion de la courbe du chômage fin 2013.

Et la croissance économique s'annonce trop faible en 2014 pour qu'il puisse miser sur des créations d'emplois massives ces 12 prochains mois.

L'Elysée reconnaît que les Français "veulent des résultats" et l'entourage présidentiel veut croire, pour sa part, qu'"ils ont compris qu'il fallait faire des réformes."

Quitte à froisser l'aile gauche de sa majorité, François Hollande a promis clairement le 31 décembre, lors de ses voeux aux Français, une baisse des charges des entreprises réclamées par le patronat, en échange d'un engagement à embaucher.

Le chef de l'Etat est revenu au conseil des ministres sur ce "pacte de responsabilité", qui sera notamment élaboré lors d'"assises de la fiscalité des entreprises" au cours des prochaines semaines.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, les travaux du Haut conseil au financement de la protection sociale sur les moyens de moins faire peser celle-ci sur le travail seront mis à contribution.

Elle a laissé entendre que le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), entré pleinement en vigueur au 1er janvier, jouerait un rôle : "Ce pacte de responsabilité, ce sont ces différents dispositifs qui prennent tout leur sens et leur cohérence pour faire en sorte que l'embauche soit relancée."

François Hollande devrait préciser ses intentions, notamment sur la façon dont seront financés les baisses de charges promises, lors d'une conférence de presse le 14 janvier.

Son entourage s'efforce déjà de désamorcer les critiques de la gauche de sa majorité, pour laquelle il fait fausse route en misant sur une politique d'austérité et des mesures conciliantes à l'égard des entreprises.

VALLS MAÎTRE DE CÉRÉMONIE

L'Elysée reprend il est vrai à son compte des arguments qui n'appartiennent pas au credo habituel du Parti socialiste.

"Le taux de marge des PME est un des plus faibles d'Europe", fait-on ainsi valoir dans l'entourage présidentiel. Ou bien : "On ne trouvera des marges de manoeuvre que par des économies" - économies censées permettre des baisses d'impôts elles aussi promises le 31 décembre.

Mais "une politique de gauche, c'est une politique qui permet à des gens qui n'ont pas d'emploi d'en avoir un", soutient-on de même source. "Une politique de l'offre n'est pas nécessairement une politique de droite."

Comme c'est la tradition depuis trois décennies, le gouvernement s'est retrouvé au ministère de l'Intérieur, à 50 m de l'Elysée, avant ce premier conseil de l'année.

En maître de cérémonie, Manuel Valls, rare membre du gouvernement à afficher une cote positive, a accueilli un à un ses collègues et co-présidé ce petit-déjeuner face à un Jean-Marc Ayrault lui aussi au plus bas dans les sondages.

Si nombre d'analystes imaginent mal Jean-Marc Ayrault à Matignon au-delà des européennes, l'intéressé et ses ministres ont esquivé les questions sur les rumeurs de remaniement.

"C'est un feuilleton qui date du début de ce gouvernement", a dit le Premier ministre après un déjeuner offert par François Hollande. "Donc laissez les feuilletons feuilletonner. Je vais continuer à me battre sans me laisser influencer par tel ou tel écho."

Edité par Yann Le Guernigou


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