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Heurts à Nantes lors d'une manifestation contre le futur aéroport

Heurts à Nantes lors d'une manifestation contre le futur aéroport
Crédit photo © Reuters

par Guillaume Frouin

NANTES, Loire-Atlantique (Reuters) - De violents affrontement ont opposé samedi après-midi dans le centre de Nantes les forces de l'ordre à des éléments radicaux à la fin d'une manifestation qui a réuni plusieurs milliers de personnes, 30.000 selon les organisateurs, contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Six blessés ont été recensés dans les rangs des forces de l'ordre, selon un premier bilan fourni par la préfecture, qui a aussi fait état de quatre interpellations. On ignorait dans l'immédiat le nombre de blessés parmi les manifestants.

Les policiers sont intervenus en fin de cortège en faisant usage de gaz lacrymogènes pour répondre à des jets de projectiles d'une centaine de militants radicaux.

Des engins de chantier stationnés en centre-ville ont été incendiés et une agence du groupe Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport, a été mise à sac.

La mairie de Nantes, longtemps dirigée par l'actuel Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lui-même fervent promoteur du futur aéroport, a été recouverte de peinture.

Il s'agissait de la première manifestation depuis la signature, fin décembre, des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux de l'équipement de Notre-Dames-des-Landes.

Ils faisaient suite aux rapports de plusieurs commissions d'experts scientifiques mises en place par le gouvernement après les heurts qui ont éclaté en novembre 2012 lors d'une première tentative d'évacuation de la future zone aéroportuaire.

MÉLENCHON ET BOVÉ DANS LE CORTÈGE

Plusieurs personnalités politiques nationales avaient fait le déplacement pour l'occasion, parmi lesquelles l'eurodéputé écologiste José Bové, le coprésident du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon ou encore Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle de 2012.

"Je ne suis pas inquiet, le projet ne se fera pas", a déclaré José Bové. "La question, c'est juste comment on sort de ce projet, comment on permet à Jean-Marc Ayrault de sortir la tête haute (...) Et si c'est ça la question, je suis prêt à l'aider. Il s'honorerait à le faire aujourd'hui."

Dans une interview au Monde, la ministre de l'égalité des Territoires et du Logement Cécile Duflot a rappelé que le projet de Notre-Dames-des-Landes était une source de désaccord entre la majorité socialiste et ses alliés écologistes et indiqué qu'elle était "de tout coeur" avec les manifestants.

Son parti, Europe Ecologie-Les Verts, s'est félicité dans un communiqué du succès de la marche, évoquant la présence de "plusieurs dizaines de milliers de manifestants pacifiques", et réclamé l'abandon d'un "projet absurde et d'un autre siècle".

Jean-Luc Mélenchon a de son côté reproché au président François Hollande et à Jean-Marc Ayrault de penser "dans l'ancienne tradition de gauche" qui "n'avait que ça en tête: béton, électricité".

"Il est temps de changer la manière de regarder les choses", a-t-il dit. "Et ça, c'est grâce aux écologistes qu'on a appris à penser comme ça. Malheureusement, les élites du type Ayrault, Hollande, ne comprennent rien à tout ça (...) Ce n'est pas dans leur logiciel."

Soutenue par le Parti socialiste et l'UMP, la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se justifie, pour ses promoteurs, par la croissance du trafic passagers de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, qui est menacé à terme de saturation.

Il a accueilli l'an dernier 3,9 millions de passagers, soit 8,2% de plus qu'en 2012, alors que la progression moyenne du reste des aéroports français a été limitée à 2,4%.

Edité par Yann Le Guernigou et Henri-Pierre André


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