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Grande-Bretagne: Le déficit revu en baisse, Hammond promet la fin de l'austérité

Grande-Bretagne: Le déficit revu en baisse, Hammond promet la fin de l'austérité
Crédit photo © Reuters

par William Schomberg, David Milliken et Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - Le ministre des Finances britannique Philip Hammond a annoncé lundi une révision en baisse des besoins de financement du gouvernement jusqu'à l'horizon de la mi-2020 et a évoqué la fin de l'austérité budgétaire dans son discours de présentation du dernier budget avant la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Le Première ministre britannique, Theresa May, avait déjà dit ce mois-ci que la politique d'austérité destinée à rétablir les finances publiques touchait à sa fin.

Mais Philip Hammond a prévenu qu'il pourrait être contraint de revenir sur la hausse prévue des dépenses publiques en cas d'absence d'accord sur le Brexit qui se révèlerait préjudiciable pour l'économie, une mise en garde aux députés conservateurs qui seraient tentés d'entraver la stratégie de sortie de Theresa May.

"Quand nos négociations avec l'Union européenne déboucheront sur un accord, comme je suis confiant qu'elles le feront, je m'attends à ce que le 'dividende de l'accord' nous fournisse un financement additionnel", a-t-il dit. "Le dur labeur du peuple britannique porte ses fruits. L'austérité touche à sa fin."

"Je suis confiant mais je ne suis pas complaisant. Donc nous continuerons à nous préparer à toutes les éventualités", a-t-il prévenu.

Theresa May peine à convaincre sa majorité de la suivre dans sa stratégie de sortie, ce qui alimente les craintes d'un Brexit sans accord.

L'économie britannique a ralenti depuis le référendum de juin 2016 sur l'adhésion à l'UE mais pas autant que de nombreux économistes le craignaient.

L'endettement public demeure élevé, ce qui limite les marges de manoeuvre du gouvernement pour réduire l'austérité budgétaire.

Hammond a dit que l'augmentation la plus importante des dépenses dans son budget avait été décidée il y a quatre mois quand Theresa May avait annoncé une augmentation des moyens pour le service public de santé.

TAXATION DU NUMERIQUE

Il a dévoilé lundi une nouvelle taxe sur les services numériques assise sur le chiffre d'affaires des géants de la technologie qui devrait rapporter 400 millions de livres (450 millions d'euros) par an à compter de 2020 ainsi que des mesures destinées à soutenir le petit commerce.

Il a aussi annoncé des mesures pour compenser les effets de la diminution des prestations sociales pour les actifs.

Le déficit public pour l'exercice fiscal en cours devrait s'établir à 1,2% du produit intérieur brut (PIB) contre 1,8% prévu en mars, selon l'Office for Budget Responsibility (OBR), l'organisme indépendant qui détermine le cadre macro-économique du budget.

Pour l'exercice fiscal 2019/2020 qui débutera en avril prochain, le déficit public a été revu en baisse à 31,8 milliards de livres contre 33,9 milliards précédemment.

Sur l'exercice 2022-2023, il est projeté à 20,8 milliards de livres contre 21,4 milliards précédemment.

Au total le besoin de financement du gouvernement britannique sur la période incluant jusqu'au budget 2022-2023 s'en trouverait minoré de 18,5 milliards de livres.

Le déficit public britannique, dont la réduction était la priorité de Hammond comme de son prédécesseur George Osborne, s'est fortement réduit par rapport à son niveau de près de 10% en 2010 sous l'effet d'importantes coupes dans les budgets de nombreux ministères et dans les prestations sociales.

L'objectif d'un retour des finances publiques à l'équilibre à l'horizon de la mi-2020 sera toutefois difficile à tenir sans hausses d'impôts, estiment de nombreux économistes.

Philip Hammond a dit que sur l'exercice fiscal 2023-2024, le déficit public devrait être ramené à 0,8% du PIB.

Il a ajouté que l'OBR prévoit une baisse chaque année du ratio d'endettement public, qui a été multiplié par deux par rapport à son niveau d'avant la crise financière de 2008.

L'OBR table sur une croissance du PIB de 1,6% en 2019 contre 1,3% prévu en mars.

Les prévisions de croissance pour 2020 et 2021 sont de 1,4% pour chacune des deux années contre 1,3% et 1,4% respectivement en mars.

A l'horizon 2023, la croissance est attendue à 1,6%.

(Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)


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