Grande-Bretagne : Johnson de nouveau fragilisé après une fête en plein confinement

Grande-Bretagne : Johnson de nouveau fragilisé après une fête en plein confinement
Grande-Bretagne : Johnson de nouveau fragilisé après une fête en plein confinement
Crédit photo © Reuters

par William James et Alistair Smout

LONDRES (Reuters) - Un débat "en urgence" s'est tenu mardi au Parlement britannique pour demander au Premier ministre Boris Johnson des explications sur une fête alcoolisée qui se serait tenue dans le jardin de sa résidence du 10, Downing Street en mai 2020, alors que le pays était confiné pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Selon la chaîne ITV, l'invitation "Apportez votre alcool ("booze")" a été envoyée par courriel à une centaine de personnes par le secrétaire personnel de Boris Johnson, Martin Reynolds, et la fête a rassemblé une quarantaine de convives, dont le chef du gouvernement, le 20 mai 2020, alors que les écoles, pubs et restaurants étaient fermés en Grande-Bretagne et que les proches de malades hospitalisés du COVID ne pouvaient généralement pas être à leur chevet au moment de leur mort.

Cette réception, dont Martin Reynolds précisait qu'elle respecterait les mesures de distanciation sociale, réveille l'écho de la vive polémique provoquée par la diffusion d'une vidéo montrant des employés du 10, Downing Street plaisanter sur une fête de Noël qui s'y était tenue en 2020, époque où les Britanniques étaient de nouveau soumis à des restrictions sanitaires.

Devant ces révélations à répétition fort embarrassantes, qui agacent jusque dans le camp conservateur, le chef de file de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a estimé que Boris Johnson n'avait plus l'autorité morale pour diriger le pays.

LES CONSERVATEURS NE SE MOBILISENT PAS

"Si le Premier ministre a violé la loi, il démissionnera, n'est-ce pas ?", a demandé le député travailliste Ben Bradshaw à Michael Ellis, "Paymaster General", poste ministériel aux attributions évolutives, assis seul sur le banc du gouvernement pour répondre en lieu et place de Boris Johnson.

"Le Premier ministre ne s'en va nulle part", a répondu Michael Ellis sous les huées des députés du Labour, tout en présentant des excuses sans réserve pour la polémique née de ces nouvelles accusations contre Boris Johnson.

Seule une poignée de députés conservateurs ont participé au débat et peu d'entre eux ont exprimé leur soutien au chef du gouvernement.

Plusieurs Britanniques ont été poursuivis en justice pour avoir organisé des fêtes à l'époque où s'est tenue la "beer party" dans la résidence du Premier ministre et la police de Londres, qui s'était jusqu'alors abstenue d'enquêter sur le sujet, a dit lundi avoir contacté le Cabinet Office, un des organes de l'exécutif, pour déterminer si les lois sanitaires avaient été violées au 10, Downing Street.

Les services de Boris Johnson n'ont pas encore réagi aux révélations d'ITV. Le Premier ministre avait déclaré le mois dernier devant le Parlement que les règles sanitaires avaient toujours été respectées lors des réceptions, alors qu'au moins cinq fêtes font actuellement l'objet d'une enquête interne.

"Le Premier ministre a-t-il participé à cet événement dans les jardins de Downing Street le 20 mai 2020?", a demandé la numéro deux du Labour, Angela Rayner, lors du débat aux Communes. "Si le Premier ministre était présent, il le sait certainement."

(Reportage d'Alistair Smout et William James, rédigé par Guy Faulconbridge, version française Tangi Salaün et Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)

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