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"Gilets jaunes": Macron s'exprimera la semaine prochaine

"Gilets jaunes": Macron s'exprimera la semaine prochaine
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Très discret depuis les violences du 1er décembre, Emmanuel Macron a décidé de laisser passer les prochaines manifestations prévues samedi avant de prendre la parole sur la crise des "Gilets jaunes" qui a contraint l'exécutif à opérer la première volte-face de son quinquennat.

Le chef de l'Etat, qui enchaîne les réunions de travail internes, s'exprimera en début de semaine prochaine, a dit vendredi à Reuters le président (LaRem) de l'Assemblée nationale et pilier de la "Macronie", Richard Ferrand.

Confirmant également une prise de parole du président "en début de semaine", la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a estimé, sur Sud Radio, que ce que voulaient les Français c'était qu'"on leur apporte des réponses".

"Je pense que le président (...) aura des messages à passer aux Français sur le fait qu'il entend leur colère, que c'est une colère qui vient de loin et qu'il faut évidemment qu'on trouve maintenant des nouvelles solutions pour répondre aux besoins du quotidien des gens qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la forme et la teneur de la prise de parole d'Emmanuel Macron, une source à l'Elysée n'a pas souhaité "à ce stade" donner plus de précisions.

Depuis sa condamnation des violences du samedi 1er décembre lors d'une conférence de presse à Buenos Aires à l'issue du G20, le chef de l'Etat ne s'est pas exprimé publiquement. Il a laissé son Premier ministre Edouard Philippe monter en première ligne, le chargeant de mener des consultations politiques à Matignon avant d'annoncer une série de mesures économiques et fiscales.

"BUNKERISE A L'ELYSEE"

Après s'être rendu - en silence - dimanche dernier sous l'Arc de Triomphe, théâtre de violences et de dégradations sans précédent, le président a déjeuné lundi dans une caserne de Paris avec des CRS et des policiers.

Mardi soir, il a essuyé des huées lors d'une visite surprise à la préfecture du Puy-en-Velay (Haute-Loire) qui avait été incendiée le 1er décembre dernier en marge d'une manifestation.

Sa seule expression - rapportée par le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux mercredi à l'issue du conseil des ministres - a consisté à exhorter forces politiques et partenaires sociaux à appeler au calme.

Le silence du chef de l'Etat, qui avant la crise avait multiplié les interventions en novembre à l'occasion de son "itinérance mémorielle", est pointé du doigt depuis dix jours par l'opposition qui en a fait un nouvel angle d'attaque.

Après Laurent Wauquiez (Les Républicains) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Olivier Besancenot (NPA) a estimé vendredi sur BFM TV qu'il s'était "bunkérisé à l'ELysée" et qu'il demandait "aux autres partis, aux autres formations politiques d'éteindre un incendie qu'il a lui-même créé."

CACOPHONIE

Cinq mois après le séisme provoqué par l'"affaire Benalla", le chef de l'Etat est confronté à la deuxième crise d'ampleur de son quinquennat qui fait planer une menace sur la capacité de l'exécutif à poursuivre son train de réformes et à respecter ses engagements budgétaires européens.

Malmené dans les sondages - il a atteint le niveau le plus bas de popularité depuis son élection -, Emmanuel Macron est la cible principale des "Gilets jaunes", qui protestaient initialement contre la hausse de la taxe carbone avant d'élargir leurs revendications à la question du pouvoir d'achat notamment.

Sur le terrain comme sur les réseaux sociaux les appels à la démission du chef de l'Etat se sont multipliés.

A ce climat tendu sur le terrain s'est greffée cette semaine une impression de cacophonie au sein du gouvernement sur les réponses à apporter aux revendications des "Gilets jaunes", ébranlant encore un peu plus un exécutif déjà fragilisé.

"Il y a évidemment des impatiences qui se sont fait jour et des sensibilités différentes qui se sont exprimées à l’occasion du mouvement des 'Gilets jaunes' mais aucune initiative n'a été prise en discordance entre l’Elysée et Matignon", a assuré jeudi une source à l'Elysée.

Evoquée par certains médias, la question du maintien d'Edouard Philippe dans ses fonctions a été balayée par le Premier ministre jeudi soir sur TF1.

"?Ma mission, c'est d'atteindre les objectifs qui ont été fixés par le président de la République, je le fais avec le soutien de la majorité (...) et avec la confiance du président et c'est ce qui m'importe?", a-t-il dit.

(Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey, Emmanuel Jarry et Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse)


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