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Gilets jaunes: L'exécutif dialogue et tente de déminer

Gilets jaunes: L'exécutif dialogue et tente de déminer
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français tentait vendredi de trouver des leviers pour apaiser les colères et d'évacuer des sources de mécontentements, avant de nouvelles manifestations à haut risque des "Gilets jaunes" samedi dans toute la France.

Emmanuel Macron s'est rendu dans la soirée au Fort de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) à la rencontre d'un escadron de gendarmerie mobile qui sera engagé samedi dans les opérations de maintien de l'ordre à Paris, a fait savoir l'Elysée. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et le secrétaire d'Etat Laurent Nunez étaient présents lors de ce déplacement, qui s'est déroulé en l'absence la presse.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a reçu quant à lui six membres du mouvement des "Gilets jaunes" en début de soirée à Matignon.

Benjamin Cauchy, un des porte-parole des "Gilets jaunes libres", a précisé sur BFM TV qu'il demanderait notamment des états généraux de la fiscalité pour obtenir "une redistribution juste des richesses" et qu'il plaiderait pour une hausse des salaires et des retraites.

"On est dans une attitude d'écoute", a dit le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à des journalistes, en confirmant la rencontre à Matignon.

Emmanuel Macron s'exprimera publiquement en début de semaine prochaine, a annoncé l'Elysée, sans préciser le jour, le lieu et la teneur de son intervention.

Le président "aura des messages à passer aux Français", a dit la ministre des Transports, Elisabeth Borne. "Il faut évidemment qu'on trouve maintenant des nouvelles solutions pour répondre aux besoins du quotidien des gens qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois", a-t-elle ajouté sur Sud Radio.

Edouard Philippe a réuni plusieurs membres du gouvernement dans l'après-midi pour préparer les débats annoncés pour écouter les citoyens en colère et élaborer des réponses.

La ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, a quant à elle reçu les associations d’élus avec d'autres ministres pour "définir la feuille de route, le calendrier et la méthode de la concertation" prévue du 15 décembre au 1er mars partout en France.

DES ANNONCES QUI FÂCHENT REPORTÉES, APPEL DES SYNDICATS

A l'issue d'une réunion avec les ministres du Travail, des Transports et de la Cohésion des territoires pour présenter des pistes de solution à la crise, quatre syndicats ont demandé le report de la prochaine séance de négociation sur l'assurance chômage, jugeant la situation trop tendue.

Après ses gestes sur la fiscalité, l'énergie et le contrôle technique mardi, le gouvernement s'emploie à déminer des conflits ou à les reporter.

La CGT et FO Transports ont annoncé vendredi la levée de leur appel à la grève valable à partir de dimanche, au lendemain d'une rencontre avec Elisabeth Borne.

Deux sources proches des concessionnaires autoroutiers ont annoncé vendredi que la présentation de la hausse des péages pour 2019 prévue mardi prochain avait été annulée.

"L'Etat a estimé que (...) le contexte social actuel ne permet pas de tenir la réunion dans de bonnes conditions", a expliqué l'une des sources.

Le report de la présentation des ordonnances de la loi sur l'alimentation, qui prévoient le relèvement du seuil de revente à perte, synonyme de hausses des prix pour les consommateurs, a été interprété de la même façon, même si le gouvernement a assuré que les mesures ne seraient pas altérées.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a quant à lui annoncé vendredi la suppression de la pénalité frappant les contribuables qui payent leurs impôts autrement que par les voies recommandées, par exemple par chèque au delà de 1.000 euros.

Les responsables syndicaux ont prévenu vendredi l'exécutif que les mesures annoncées ne règleraient pas les problèmes de fond, en particulier celui des rémunérations.

Jeudi, Edouard Philippe s'est dit prêt à examiner des mesures qui permettraient d'augmenter les plus bas salaires sans trop dégrader la compétitivité des entreprises.

Il s'était dit mercredi ouvert à la défiscalisation d'une prime que des entreprises décideraient de verser à leurs salariés.

(Jean-Baptiste Vey avec Elizabeth Pineau, Gilles Guillaume et Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)


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