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GE émet des doutes sur son dividende, le titre décroche

GE émet des doutes sur son dividende, le titre décroche
Crédit photo © Reuters

par Alwyn Scott

NEW YORK (Reuters) - General Electric ne peut pas garantir le maintien du dividende en 2019 et il n'a pas fini de régler les problèmes de ses différentes divisions, notamment dans l'énergie et la finance, a déclaré mercredi son directeur général, John Flannery.

Ces déclarations ont fait décrocher le titre du conglomérat industriel à Wall Street, où il a subi son plus fort recul en une séance depuis avril 2009. Le titre GE a fini en baisse de 7,26% à 14,18 dollars, de loin la plus mauvaise performance de l'indice Dow Jones (+0,21%).

Après 126 années d'existence, le géant américain peine à maintenir sa rentabilité et son démantèlement est même réclamé par certains. Pour redresser sa valeur, le conglomérat a promis d'importantes économies, des ventes d'actifs et un renforcement de son bilan après la nomination d'une nouvelle équipe dirigeante et d'un nouveau conseil d'administration.

Prié de dire par un analyste s'il pouvait garantir le maintien du dividende en 2019, John Flannery a répondu que cela dépendait de multiples facteurs.

"Au final, c'est en fonction de la génération de trésorerie disponible de l'entreprise et c'est fonction des performances opérationnelles et des choses que nous faisons avec notre portefeuille", a-t-il dit lors de la conférence annuelle Electrical Products Group en Floride.

La décision de fusionner les activités de transport de GE avec l'équipementier ferroviaire Wabtec, annoncée lundi, fait partie des changements qui affecteront le dividende, a-t-il précisé.

"Nous devons voir comment cela évolue", a-t-il déclaré.

Les analystes ont interprété ces propos comme le signe d'une probable réduction du dividende, qui est de 48 cents par action.

PAS DE CROISSANCE DU BÉNÉFICE ATTENDUE POUR GE POWER

"La première conclusion est que le dividende sera abaissé à mesure que des actifs seront vendus", a commenté Jeff Sprague, analyste de Vertical Research Partners.

"Les revenus des ventes doivent aller à la réduction de la dette. La génération de trésorerie des actifs vendus disparaît évidemment, ce qui rend le dividende intenable", a-t-il ajouté.

Nommé en août, John Flannery avait déjà provoqué une baisse de l'action de près de 7,2% le 13 novembre lors de sa première présentation en tant que directeur général.

Quand il s'était exprimé lors de cette même conférence en Floride il y a un an, son prédécesseur Jeff Immelt avait dénoncé le "décalage" entre la valorisation du groupe et ses performances. Il avait jugé que le cours de Bourse de GE devait grimper.

Au lieu de cela, l'action GE a plongé de 47% l'an dernier avec la dégradation du bénéfice de GE Power et l'annonce de passifs financiers inattendus au sein de la division GE Capital.

Depuis un plus bas touché début avril, le titre avait néanmoins repris quasiment 20% jusqu'à ce mercredi, les analystes réévaluant les perspectives du groupe après l'installation d'un nouveau conseil d'administration et la réalisation des premières cessions d'actifs promises.

Ces prévisions ont cependant été fragilisées par les déclarations de John Flannery ce mercredi.

Ce dernier a dit ne pas attendre de croissance du bénéfice pour la division GE Power cette année, les perspectives pour le marché des grosses turbines à gaz restant faibles jusqu'en 2020.

Le bénéfice de cette division a plongé l'an dernier de 53% à 1,9 milliard de dollars (1,63 milliard d'euros).

Le directeur général a néanmoins confirmé les objectifs de bénéfice et de génération de trésorerie disponible de GE pour cette année. Il a dit que le bénéfice de la division d'hydrocarbures Baker Hughes devrait bondir d'au moins 50% tandis que celui des activités aéronautiques devrait progresser de 15%.

Un certain nombre de nuages continuent néanmoins d'obscurcir l'horizon du groupe, notamment en raison des incertitudes sur la situation réelle de GE Capital.

GE a inscrit une charge de 6,2 milliards de dollars dans ses comptes du quatrième trimestre en raison d'une réévaluation de ses actifs dans l'assurance. Des sources ont déclaré mardi que le groupe travaillait avec des banques d'investissement pour trouver le moyen de se débarrasser de cette activité dans l'assurance.

(Véronique Tison et Bertrand Boucey pour le service français)


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