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François Hollande et Manuel Valls peinent à trouver la parade

François Hollande et Manuel Valls peinent à trouver la parade

par Gregory Blachier et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - François Hollande et Manuel Valls peinent à donner une réponse au "séisme" que constitue la victoire du Front national aux élections européennes, l'exécutif excluant de dissoudre l'Assemblée ou de changer de cap politique.

Le chef de l'Etat et son Premier ministre se sont retrouvés en début de matinée à l'Elysée avec plusieurs ministres pour tirer les leçons du pire résultat électoral de l'histoire du Parti socialiste et se sont quittés après un peu plus d'une heure d'entretien, sans faire de déclaration.

Selon un de ses interlocuteurs, le chef de l'Etat a exclu tout changement de ligne politique après ce choc qui introduit le tripartisme dans la vie politique française.

Après avoir entièrement remanié le dispositif exécutif dans la foulée du désaveu aux élections municipales, avec la nomination de Manuel Valls, d'un nouveau secrétaire général de l'Elysée et la réorganisation du PS, François Hollande ne peut plus user de ces ressorts pour tenter d'apaiser l'opinion.

Le Premier ministre, invité de RTL avant de se rendre à l'Elysée, a assuré que l'heure n'était pas au changement d'équipe, encore moins à la dissolution réclamée dès dimanche soir par le Front national mais aussi par certaines personnalités de droite ou du centre droit.

"Le quinquennat doit aller à son terme", a-t-il souligné. "Nous n'allons pas ajouter à la crise d'identité, à la crise morale que la France traverse, nous n'allons pas rajouter le désordre par des élections, un pays qui serait ingouvernable."

BAISSES D'IMPÔTS, "PAS UNE ANNONCE"

Le Premier ministre a en revanche promis de poursuivre les baisses d'impôts afin de diminuer une fiscalité devenue "insupportable" pour les Français.

"Il faut de nouvelles baisses d'impôts, notamment de l'impôt sur le revenu, parce que ces impôts, cette fiscalité pèsent lourdement sur les couches populaires et les classes moyennes", a dit Manuel Valls.

"Il le faut parce que c'est devenu insupportable", a-t-il ajouté, rappelant qu'un milliard d'euros est déjà prévu pour faire sortir de l'impôt sur le revenu 1,8 million de ménages modestes.

Selon ses proches, le Premier ministre n'a fait que confirmer sa détermination à réduire la pression fiscale plutôt qu'annoncer une nouvelle salve de baisses d'impôts.

"Ce n'est pas une annonce, cela confirme les baisses d'impôts prévues", dit-on dans son entourage.

Le chef du gouvernement a réaffirmé ses priorités - baisse du déficit et soutien aux entreprises pour relancer l'emploi - mais a concédé que le lien avec les Français était rompu en l'absence, pour l'heure, de résultats tangibles, notamment sur le chômage.

"Il y a un très grand scepticisme vis-à-vis de ceux qui gouvernent ou ont gouverné, je le sais bien, mais il ne s'agit pas de baisser la garde", a dit Manuel Valls. "Une feuille de route a été tracée et moi, je ne veux pas changer cette feuille de route."

"Je crois que nous devons continuer, expliquer et surtout qu'il y ait des résultats concrets. Tant que le chômage ne baisse pas, tant que le pouvoir d'achat n'augmente pas, tant que les impôts ne baissent pas, les Français ne nous croiront pas."

SEUIL D'ALERTE FRANCHI

Des responsables de la majorité avaient déjà dit qu'il ne faudrait pas s'attendre à un changement de cap en cas de déroute électorale, en dépit de la révolte de parlementaires socialistes contre le plan d'économies de 50 milliards d'euros.

Pour l'heure, le principal chantier de cet exécutif affaibli est de parvenir à mettre en oeuvre la réforme territoriale controversée pour laquelle il veut éviter une révision de la Constitution qui nécessiterait un Congrès ou un référendum.

A l'Elysée, on estime également que la victoire du Front national, crédité de 26% des suffrages selon des résultats toujours provisoire contre 20,6% à l'UMP et 13,8% au PS, un score historiquement bas, accentue la pression sur l'exécutif.

"Sur le plan national il faut agir pour avoir des résultats plus rapides, plus concrets", juge un conseiller du président.

"Il y a des leçons qui doivent être tirées mais il va falloir convaincre l'Europe que le seuil d'alerte a été franchi dans de nombreux pays en Europe", soulignait-on à l'Elysée.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union se retrouvent mardi pour un dîner à Bruxelles pour analyser les résultats des élections et évoquer le remplacement de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne.

Selon les projections, le Parti populaire européen (PPE) a remporté 212 sièges au Parlement de Strasbourg, ce qui fait de l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker le favori, devant le social-démocrate allemand Martin Schulz, dont le PSE n'a remporté que 186 sièges.

(édité par Yves Clarisse)


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