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François Fillon en appelle à la "colère" de ses partisans

François Fillon en appelle à la "colère" de ses partisans

par Simon Carraud

AJACCIO, Corse-du-Sud (Reuters) - François Fillon, qui se dit persuadé de pouvoir encore remporter l'élection présidentielle, a appelé samedi les électeurs de droite à exprimer leur "colère" face à la "supercherie" que représenterait la candidature d'Emmanuel Macron, devenu à trois semaines du premier tour sa cible prioritaire.

Lors d'un déplacement en Corse, l'ex-Premier ministre, troisième dans les sondages et affaibli par les affaires, a de nouveau dépeint son adversaire en François Hollande bis.

"Si vous êtes mobilisés, c'est parce que vous ne voulez pas de la supercherie qu'on est en train d'essayer de vous imposer", a-t-il déclaré devant plusieurs dizaines de militants, pour la plupart convaincus par avance, réunis à Biguglia (Haute-Corse).

"Il vous reste 22 jours pour infliger un démenti sévère à tous ces commentateurs politiques qui se succèdent sur les antennes de télévision pour dire, avec la suffisance qui les caractérise, que les sondages ont décidé", a encore dit François Fillon, avant de lancer un appel à la "révolte".

"Ce que je vous demande aujourd'hui, c'est de vous révolter, c'est de vous lever, c'est d'exprimer votre colère" et de déposer le 23 avril "un bulletin de résistance", "un bulletin de combat", a conclu le candidat.

Convaincu de la nécessité de galvaniser l'électorat de la droite pour se qualifier au second tour, François Fillon a renouvelé son appel, plus tard dans la journée, lors d'un meeting près d'Ajaccio en présence d'un millier de personnes.

"Donnez de la voix. Affirmez haut et fort vos convictions. Brandissez ces convictions comme un étendard", a-t-il lancé.

Toujours dans le registre de la colère, il a également répondu à Emmanuel Macron, pour qui les "fillonistes" donnent libre cours à "des attaques infâmes" et ont "ont montré le masque de la haine et de l'indignité" en sifflant vendredi le dirigeant des Républicains Christian Estrosi, à Toulon.

"C'est le visage de la volonté, c'est le visage du courage, c'est le visage de l'enthousiasme. C'est parfois aussi le visage de la colère face à ceux qui ont essayé d'éliminer le candidat de la droite et du centre", a-t-il rétorqué lors de son meeting.

François Fillon et ses soutiens, François Baroin en tête, ont axé ces derniers jours leur campagne sur une stratégie anti-Macron, que l'ancien Premier ministre a rebaptisé "Emmanuel Hollande".

Les sondages persistent à placer le candidat de la droite derrière l'ancien ministre de l'Economie et Marine Le Pen en vue du premier tour mais le vainqueur de la primaire et son entourage continuent à parier sur un revirement de situation d'ici le 23 avril.

"J'Y CROIS, PLUS QUE JAMAIS"

Ils fondent leurs espoirs sur la perspective d'un tassement d'Emmanuel Macron, qui serait pénalisé par les ralliements successifs de poids lourds du Parti socialiste, et sur un possible "vote caché" d'électeurs n'osant pas avouer leur préférence, ou sur le point de choisir François Fillon.

"Non seulement j'y crois, mais plus que jamais", affirme-t-il dans un entretien à Corse-Matin publié samedi.

"J'ai l'habitude des sondages dont je me méfie. Je vous rappelle qu'au début de la campagne de la primaire de la droite et du centre, j'étais crédité de 9% des intentions de vote", justifie l'ancien Premier ministre.

Déjà, ses proches disent percevoir un "frémissement", perceptible notamment dans les meetings.

Dans un sondage BVA-Saleforce pour la presse régionale et Orange paru samedi, le candidat de la droite gagne deux points d'intention de vote par rapport à la semaine dernière. Mais reste virtuellement éliminé du second tour.

En Corse, François Fillon a rencontré des militants de droite mais également des agriculteurs dans une coopérative de producteurs de pamplemousses, qui lui ont épargné toute référence aux ennuis judiciaires liés aux soupçons d'emplois fictifs dont auraient bénéficié des membres de sa famille.

"La Corse va voter Fillon", prédit le député de Haute-Corse Sauveur Gandolfi-Scheit, qui a accompagné le candidat durant sa journée entre Bastia et Ajaccio.

Au second tour de la présidentielle de 2012, l'île avait voté à près de 56% pour Nicolas Sarkozy face à François Hollande.

(Edité par Elizabeth Pineau)


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