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France: Le coût du biogaz doit intégrer ses effets positifs, selon un rapport

France: Le coût du biogaz doit intégrer ses effets positifs, selon un rapport
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le développement du gaz "vert" en France s'accompagnera d'une série d'effets bénéfiques et d'externalités positives qui garantiront sa compétitivité "macroéconomique" par rapport au gaz naturel à l'horizon de 2030, prédit la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dans un rapport publié mardi.

La CRE précise qu'en tenant compte de ces effets positifs du biogaz, produit à partir d'effluents d'élevage et de résidus agricoles ou agroalimentaires, sa compétitivité relative par rapport au gaz naturel serait assurée à un coût de production compris entre 70 et 100 euros par mégawatt-heure (MWh) en 2030, contre 90 à 120 euros par MWh aujourd'hui.

Elle s'appuie sur des calculs du cabinet de conseil ENEA Consulting selon lesquels l'essor du biogaz entraînerait une réduction d'émissions de gaz à effet de serre, une amélioration de la balance commerciale de la France ou encore une baisse des déchets et des pollutions du monde agricole.

Dans l'hypothèse d'un prix du gaz naturel de 30 euros par MWh en 2030, le surcoût du biogaz pourrait être compensé par une "monétisation des externalités climatiques, économiques et agricoles", éventuellement financée par les consommateurs.

Le rapport recommande toutefois que "des recherches complémentaires" soient menées sur l'évaluation monétaire des externalités et des bénéfices du gaz "vert".

OBJECTIFS DE RÉDUCTION DE COÛTS DIFFICILES À ATTEINDRE

Dans son projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), le gouvernement a pour le moment revu à la baisse les ambitions de la France en matière de biogaz en visant 7% dans la consommation de gaz du pays en 2030 au lieu de 10% précédemment, avec 6 térawatts-heure (TWh) injectés dans les réseaux en 2023 contre 8 TWh visés auparavant.

Le rapport du comité de prospective de la CRE juge toutefois "réaliste un scénario de développement de l'injection de biométhane à hauteur de 10% de la consommation de gaz en 2030".

Il souligne aussi que les réductions de coûts demandées aux producteurs de gaz "vert" seront difficiles à atteindre et préconise de nouvelles discussions pour établir une trajectoire plus réaliste.

Pour limiter le soutien public au biogaz, l'exécutif a fixé une cible de coût de production de 67 euros par MWh en 2023 et de 60 euros en 2028, imposant aux industriels un rythme de baisse que la plupart jugent intenable.

Le document de la CRE évoque lui aussi un chiffre de 60 euros par MWh "accessible" mais seulement en 2030 et "sous réserve d'une standardisation des procédés industriels et d'une certaine massification de la filière".

Il préconise en conséquence de "définir une trajectoire cohérente et soutenable de développement des volumes et de réduction des coûts de production dans le cadre du comité stratégique de filière".

Le ministre de la transition énergétique, François de Rugy, a pour sa part déclaré mi-juin au quotidien Les Echos que l'exécutif était en train de finaliser avec les acteurs du biogaz "une discussion où la filière s'engagera sur une baisse des coûts et le gouvernement sur une trajectoire d'appels d'offres".

"On veut atteindre l'objectif de 10% de consommation finale de gaz d'origine renouvelable en 2030. Avec des objectifs de baisse de prix, mais réalistes", a-t-il ajouté.

(Benjamin Mallet, édité par Bertrand Boucey)


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