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France-La presse s'inquiète des projets du gouvernement sur la sécurité

France-La presse s'inquiète des projets du gouvernement sur la sécurité
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Une quarantaine de rédactions françaises ont reproché vendredi au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de vouloir porter atteinte à la liberté de la presse par le biais de la proposition de loi dite "sécurité globale".

L'examen du texte a débuté mardi à l'Assemblée nationale et son article 24, qui suscite parmi les plus vives critiques, a été adopté en première lecture vendredi. Cet article interdit de filmer des membres des forces de l'ordre dans l'intention de nuire à leur intégrité "physique ou psychique".

Les syndicats de journalistes et plusieurs mouvements de défense des droits de l'homme jugent qu'il restreindra la liberté d'expression.

Le Premier ministre, Jean Castex, a fait savoir jeudi soir que cet article serait amendé par le gouvernement pour "lever toute ambiguïté sur son intention de garantir le respect des libertés publiques, notamment la liberté de la presse et la liberté d’expression".

Lors du débat parlementaire, Gérald Darmanin a déclaré mercredi que les journalistes qui couvrent des manifestations devaient "se rapprocher des autorités" pour être protégés, des propos qu'il a corrigés par la suite.

Le schéma national du maintien de l'ordre qu'il a présenté en septembre, a-t-il écrit sur Twitter, "prévoit que les journalistes peuvent, sans en avoir l'obligation, prendre contact avec les préfectures en amont des manifestations".

"La volonté exprimée d’assurer la protection des journalistes revient à encadrer et contrôler leur travail. Ce dispositif s’inscrit dans un contexte particulièrement inquiétant avec la proposition de loi sur la sécurité globale qui prévoit la restriction de la diffusion des images de policiers et de gendarmes", déplorent néanmoins les signataires de la tribune publiée vendredi.

"Les journalistes n’ont pas à se rapprocher de la préfecture de police pour couvrir une manifestation. Il n’y a pas d’accréditation à avoir pour exercer librement notre métier sur la voie publique. Nous refuserons, pour cette raison, d’accréditer nos journalistes pour couvrir les manifestations", ajoutent-ils.

Les signataires sont l'Agence France Presse, BFM TV, Le Canard Enchaîné, Charlie hebdo, C News, Courrier International, Europe 1, les rédactions de France Télévisions, le HuffPost, La Croix, La Croix hebdo, La Vie, LCI, Le JDD, Les Echos, L'Express, Le Figaro, Le Figaro Magazine, Le Pélerin, Le Point, Le Monde, Le Parisien/Aujourd'hui en France, Libération, L'Obs, M6, Marianne, Mediapart, Paris Match, Politis, Télérama, les rédactions des antennes de Radio France, RMC, RTL, Slate, TF1 et 20 Minutes.

(Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey)


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