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Face aux "Gilets jaunes", Macron propose d'adapter la fiscalité

Face aux "Gilets jaunes", Macron propose d'adapter la fiscalité
Crédit photo © Reuters

par Simon Carraud et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a répondu mardi à la colère des "Gilets jaunes" en annonçant la création d'un mécanisme de révision de la fiscalité sur les carburants en cas de hausse des cours du pétrole et en disant vouloir accélérer les réformes pour baisser davantage les impôts et les taxes.

Le président n'a pas accédé à la demande des manifestants d'annuler la hausse des taxes prévue en janvier. Mais il a laissé entendre que de nouveaux gestes pourraient être décidés après trois mois de débats dans toute la France.

"L'ambition gouvernementale et budgétaire, elle est là, elle doit être là. Et à l’issue de ces trois mois, s’il faut la revoir, je suis prêt à la revoir avec le Premier ministre", a-t-il dit lors d'un discours sur la transition énergétique.

Ces annonces n'ont pas suffi à clore la controverse, alimentée par l'opposition, dirigeants de droite comme de gauche fustigeant l'inadéquation des mesures aux revendications des "Gilets jaunes".

A la demande d'Emmanuel Macron, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, devait recevoir ce mardi soir, à 19h00 (18h00 GMT), des représentants des "Gilets jaunes" choisis parmi les huit qui ont été désignés lundi.

Les syndicats ont fait part de réserves, la CFDT estimant en particulier que la réponse sociale était insuffisante, tandis que les organisations patronales saluaient l'idée de réviser la fiscalité en fonction des prix.

Emmanuel Macron a dit comprendre la colère exprimée depuis dix jours, qu'il a notamment expliquée par la concomitance entre la hausse des taxes et celle des prix du pétrole plus tôt cette année.

"Il nous faut ensemble construire une méthode pour nous mettre à l’abri de tels phénomènes et donc adapter toute nouvelle hausse de la taxe sur les carburants à l’évolution des marchés internationaux du pétrole", a-t-il dit.

DES RÉFORMES POUR BAISSER LES IMPÔTS ET LES TAXES

"Ce que je souhaite qu’il puisse être fait dans les trois mois, c’est construire une méthode pour rendre plus intelligente cette taxe, aujourd’hui un peu aveugle, et permettre d’avoir tous les trimestres un rendez-vous qui permette d’atténuer l’effet pour nos concitoyens s’il devait y avoir une envolée des cours mondiaux", a-t-il poursuivi.

Ce dispositif, qui suspendrait la hausse de la fiscalité sur le carburant le temps du pic, sera discuté lors de l'examen, mi-décembre en deuxième lecture, du projet de loi de finances pour 2019, a précisé l'Elysée.

L'exécutif ne renonce en rien à son ambition écologique, a assuré Emmanuel Macron, tout en émettant le souhait d'instaurer des solutions "acceptables" par tous.

"Ce que vous dites, c'est 'stop', je l'entends", a-t-il dit, en s'engageant à "un nouveau contrat social du XXIe siècle".

La colère qui s'exprime depuis dix jours en France révèle une "crise" qui met notamment en péril le consentement à l'impôt, a estimé le chef de l'Etat.

Le gouvernement a commencé à baisser les prélèvements - cotisations sociales ou taxe d'habitation - mais les Français jugent que cela ne va pas assez vite, a-t-il ajouté.

"Ce qu'il va nous falloir apprécier dans les prochains mois, c'est comment nous pouvons en profondeur regarder à accélérer, intensifier ce projet pour répondre à l'impatience légitime de celles et ceux qui travaillent dur ou ont travaillé dur", a poursuivi Emmanuel Macron. "Donc il faut sans doute procéder à des changements profonds."

Ceci impose de revoir comment travaillent tous les acteurs publics "pour faire mieux et plus de services avec moins, et donc ouvrir sans doute un nouveau chapitre de notre réforme collective".

"La réponse d'aujourd'hui n'est pas la dernière", a ajouté le chef de l'Etat, en promettant "des initiatives fortes".

Parallèlement au travail sur la transition environnementale, "il y a aussi les choix que nous aurons à faire plus largement (...) pour rebâtir une plus grande efficacité de l'action publique (...) en dépensant moins et donc en pouvant plus rapidement baisser leurs impôts et leurs taxes", a-t-il encore déclaré.

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(édité par Yves Clarisse)


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