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Face à son "ami" Macron, Trump maintient le flou sur ses intentions

Face à son "ami" Macron, Trump maintient le flou sur ses intentions

Crédit photo © Reuters

par Marine Pennetier

WASHINGTON (Reuters) - "I like him a lot !" : Donald Trump a multiplié mardi les déclarations d'amitié et les gestes d'ouverture à l'égard d'Emmanuel Macron sans toutefois lever le voile sur ses intentions à l'approche de deux échéances cruciales sur l'Iran et le commerce.

La visite d'Etat d'Emmanuel Macron à Washington fait figure, aux yeux des observateurs, de test sur la capacité du chef de l'Etat français à convaincre son homologue après près d'un an de "relation personnelle forte" marquée par six rencontres et une vingtaine d'échanges téléphoniques.

Entamée à Paris le 14-Juillet, la lune de miel entre les deux présidents, qui ont tous les deux accédé au pouvoir en 2017, s'est poursuivie à Washington où Emmanuel Macron a été reçu en grande pompe pour la première visite d'Etat d'un dirigeant étranger de l'ère Trump.

Au lendemain d'un survol de Washington en hélicoptère présidentiel Marine One et d'un dîner privé à Mount Vernon, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont été accueillis avec les honneurs à la Maison blanche mardi matin.

"Aujourd'hui nous nous retrouvons pour affirmer cette amitié dont l'épanouissement a fait figure d'exemple pour le monde depuis plus de deux siècles", a déclaré Donald Trump lors de la cérémonie d'accueil, rendant hommage aux héros des deux pays.

S'exprimant après lui, Emmanuel Macron s'est pour sa part réjoui de voir que le chêne rapporté de France et offert à Donald Trump "prenne racine" dans le jardin de la Maison blanche comme "symbole du sacrifice et des combats communs que la France et les Etats-Unis ont mené ensemble".

Cette entente cordiale, rythmée par les hymnes des deux pays, s'est poursuivie jusqu'au seuil du bureau Ovale où Donald Trump a loué devant les objectifs et les journalistes les qualités "d'Emmanuel".

"Il fait du bon boulot, ce sera un grand président", a-t-il lancé avant d'entraîner par le doigt son homologue et d'entamer deux heures d'entretien au cours desquelles les sujets de désaccords ont été longuement abordés.

"TERRIBLE ET DÉSASTREUX"

A peine assis, Donald Trump a dénoncé l'accord "terrible" et "désastreux" sur le programme nucléaire iranien que les Européens - au premier rang desquels la France - s'efforcent de "sauver" à l'approche de l'échéance du 12 mai. Washington menace de sortir de ce texte conclu en 2015 s'il n'est pas durci.

"Personne ne sait ce que je ferai le 12 mai", a déclaré le président américain un peu plus tard lors d'une conférence de presse commune au cours de laquelle il a promis de faire payer le "prix fort" à l'Iran si Téhéran "menaçait d'une manière ou d'une autre".

Il s'est toutefois dit ouvert à un "nouvel accord doté de solides fondations", comme le propose Emmanuel Macron qui souhaite mettre au point un "accord plus large" qui comprendrait également les volets balistiques et l'activité politique et militaire de l'Iran dans la région.

Le président américain a également entretenu le flou sur la question de l'exemption des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium pour les pays de l'Union européenne qui arrive à échéance le 1er mai.

Emmanuel Macron "lui a expliqué qu'il fallait que les Etats-Unis rendent permanente cette exemption, je pense qu'il y a eu un échange qui allait dans le bon sens", a-t-on souligné dans l'entourage du chef de l'Etat français, sans pour autant avoir l'assurance d'une issue favorable la semaine prochaine.

Quant à la question du climat, et de la sortie possible des Etats-Unis de l'accord de Paris, elle n'a pas été mentionnée par Donald Trump lors de la conférence de presse et a été seulement évoquée par Emmanuel Macron, qui a estimé que les désaccords étaient le lot "de toutes les amitiés".

"AVANCÉES CONCRÈTES"

Seul sujet sur lequel le président américain a semblé véritablement tempérer sa position, la Syrie. Après avoir souhaité fin mars un départ rapide des soldats américains du pays, Donald Trump a écarté tout départ immédiat, pointant le risque de donner, en partant, la "carte blanche" à l'Iran.

"Nous avons l'un et l'autre compris que nous n'étions pas d'un tempérament à changer d'avis facilement", a reconnu Emmanuel Macron, évoquant toutefois des "avancées" sur l'Iran et la Syrie.

"Vous avez eu la preuve de ce que l'amitié entre nos pays, la relation que nous entretenons, permet d'obtenir de manière très concrète, ce sont pour moi de vraies avancées par rapport à la situation dans laquelle nous nous trouvions y compris il y a quelques semaines", a-t-il ajouté.

De son côté, Donald Trump a estimé qu'il avait "beaucoup de choses en commun" avec Emmanuel Macron.

"Vous savez, dans la vie, vous vous devez d'être flexible et en tant que dirigeants, vous devez faire preuve de flexibilité, je pense que nous sommes d'accord sur de nombreux sujets qui ont été discutés aujourd'hui", a-t-il dit, quelques heures avant le point d'orgue de la visite d'Etat, le dîner à la Maison blanche en présence de quelque 150 invités.

(avec Jeff Mason and Steve Holland, édité par Jean Terzian)


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