Face à la "4e vague", le gouvernement étend le pass sanitaire

Face à la "4e vague", le gouvernement étend le pass sanitaire
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PARIS (Reuters) - La France va bien mettre en place une extension du pass sanitaire et une obligation vaccinale pour les soignants, deux mesures contestées annoncées par Emmanuel Macron lundi dernier pour tenter d'endiguer la reprise de l'épidémie de COVID-19 avec la propagation du variant Delta du coronavirus, a annoncé lundi soir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

"Nous sommes entrés dans une quatrième vague" et "nous devons tout mettre en oeuvre pour que cette vague ne soit pas aussi plus dévastatrice", alors que "la couverture vaccinale reste insuffisante" dans l'Hexagone, a déclaré Gabriel Attal à l'issue d'un conseil des ministres.

Dans ce contexte, le projet de loi relatif "à l'adaptation de nos outils de gestion de la crise sanitaire" adopté en conseil des ministres "prévoit une extension du champ du pass sanitaire" et concrétise la stratégie de durcissement des restrictions sanitaires retenue par le chef de l'Etat pour relancer la vaccination contre le COVID-19 face à l'accélération de la circulation du variant Delta, particulièrement contagieux et désormais responsable de 80% des nouvelles contaminations.

Comme annoncé lundi dernier par Emmanuel Macron, le pass sanitaire https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/pass-sanitaire, déjà exigé depuis le 9 juin pour accéder aux grands rassemblements ou depuis le 9 juillet pour se rendre aux discothèques, sera étendu à partir de "ce mercredi" aux activités de loisirs rassemblant plus de 50 personnes ainsi qu'aux bars, restaurants et à "certains centres commerciaux" au début du mois d'août.

Les salariés de ces établissements ne seront soumis à cette obligation qu'à partir du 30 août et une "période de rodage" sera appliquée pour accompagner les établissements concernés.

DES MESURES "TEMPORAIRES"

Autre mesure inscrite dans ce projet de loi, la vaccination obligatoire de "l'ensemble des personnels au contact régulier des publics fragiles" - soignants, salariés du secteur de la santé ou du médico-social, pompiers et ambulanciers, personnels intervenant au domicile des personnes âgées ou fragiles - qui devront tous "être doublement vaccinés au 15 septembre prochain", a souligné Gabriel Attal.

Ce texte prévoit également d'élargir à toutes les personnes testées positives au coronavirus SARS-CoV-2 l'isolement obligatoire de 10 jours - assorti de contrôles de police et d'amendes pouvant aller jusqu'à 1.000 euros - qui était déjà en vigueur pour les voyageurs en provenance de pays où la situation épidémique n'est pas contrôlée.

Pour lever les éventuels freins à la vaccination, ce projet de loi formalise aussi la possibilité aux salariés (du public et du privé) de se faire vacciner sans perte de rémunération pendant leurs heures de travail grâce à une "autorisation d'absence", déjà annoncée par le ministre de la Santé au début du mois.

"Ce projet de loi renforce l'application de plusieurs mesures qui ont fait leurs preuves pour endiguer le virus", qui resteront "temporaires" afin de favoriser une "vaccination massive", a souligné Gabriel Attal.

Ce texte prévoit une prolongation jusqu'à la fin de l'année du régime transitoire de sortie de crise sanitaire entamé le 2 juin dernier en métropole, qui était supposé prendre fin le 30 septembre prochain. L'état d'urgence sanitaire sera prolongé jusqu'au 30 septembre à la Martinique et à la Réunion.

Le projet de loi doit être examiné mardi en commission à l'Assemblée nationale, puis mercredi en séance, avant de passer jeudi devant le Sénat, dominé par la droite, en vue d'une adoption définitive d'ici à la fin de la semaine, avant la fin de la session parlementaire extraordinaire de juillet.

CONTESTATION PARLEMENTAIRE EN VUE

Mais l'opposition à ce projet, qui s'est déjà manifestée dans les rues de plusieurs villes de France mercredi et samedi derniers, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants mobilisés, devrait également se faire entendre au Parlement.

Les groupes Les Républicains et Union centriste du Sénat, majoritaires à la chambre haute, ont annoncé la semaine dernière qu'ils comptaient saisir le Conseil constitutionnel après l'adoption du projet de loi.

Selon la Direction générale de la Santé, environ 45% de la population française totale est désormais vaccinée contre le COVID-19.

A ce niveau l'immunité collective contre le coronavirus SARS-CoV-2 est toujours loin d'être acquise, d'autant plus que le taux d'incidence hebdomadaire (semaine glissante) a continué sa progression quasi ininterrompue depuis son point bas à 19 nouvelles contaminations pour 100.000 habitants par semaine atteint fin juin. Il s'établit désormais à 86, avec une augmentation de près de 125% en une semaine d'après Gabriel Attal.

Le nombre de nouveaux cas de contamination détectés a doublé en une semaine. Selon Santé publique France (SPF), il s'est établi à 4.151 au cours des dernières 24 heures, après avoir dépassé le seuil de 10.000 au cours des trois jours précédents, un niveau inégalé depuis fin mai.

(Myriam Rivet, édité par Bertrand Boucey)


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