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Face à Kim, Trump compte sur son instinct plus que sur ses notes

Face à Kim, Trump compte sur son instinct plus que sur ses notes
Crédit photo © Reuters

par Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump compte sur son instinct plus que sur les notes de ses collaborateurs pour obtenir des concessions de la part de Kim Jong-un lors du sommet du 12 juin à Singapour, disent ses conseillers à quelques jours de cette rencontre historique.

Même si ses collaborateurs ont multiplié les notes et exposés sur ce à quoi il doit s'attendre en rencontrant le dirigeant nord-coréen, le président américain fait avant tout confiance à son intuition.

Avant d'entrer à la Maison blanche il y a dix-huit mois, lorsqu'il était encore promoteur immobilier à New York, Donald Trump a conclu de nombreux contrats et connaît de nombreuses techniques de négociation, fait valoir un proche.

"Mais c'est très instinctif, ce à quoi on n'est pas habitué dans le monde diplomatique", ajoute-t-il.

Le président américain prend ce sommet très au sérieux et se prépare, "mais s'enfermer et faire comme par le passé, ça n'a clairement pas marché", souligne un haut responsable de la Maison blanche demandant à rester anonyme.

Donald Trump lui-même a estimé qu'il ne pensait pas devoir trop se préparer, ajoutant: "C'est une question d'attitude, c'est une question de volonté d'obtenir des choses."

Certains responsables américains s'interrogent.

Cette manière de naviguer à vue est jugée un peu risquée avec la Corée du Nord, puissance nucléaire qui a démontré l'an dernier sa capacité à frapper jusqu'en territoire américain.

"ÇA PART UN PEU DANS TOUS LES SENS"

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est revenu d'une rencontre avec Kim à Pyongyang en notant que le dirigeant nord-coréen est "un type intelligent qui révise" en vue du sommet, observe une source informée.

Un ancien responsable de l'administration qui a vu Donald Trump en compagnie d'autres dirigeants internationaux estime que l'ancien animateur de téléréalité n'a pas de méthode fixe dans ses échanges diplomatiques. "Ça part un peu dans tous les sens", dit-il, parfois dominateur, parfois amical.

Jeudi, Donald Trump s'est dit prêt à inviter Kim Jong-un aux Etats-Unis si le sommet de Singapour se passe bien, mais s'est également dit "totalement prêt" à faire tout le contraire.

Il présente sa rencontre du 12 juin comme une manière de mieux connaître le dirigeant nord-coréen et n'exclut pas d'autres rencontres ultérieurement pour avancer sur la voie de la dénucléarisation.

Des talents de négociateur du locataire de la Maison blanche, les observateurs tirent pour l'instant un bilan mitigé.

Sur le plan intérieur, Donald Trump n'a pas réussi à obtenir d'accord au Congrès sur l'abrogation de l'Obamacare ni sur une réforme de l'immigration, mais a remporté un succès avec sa réforme des impôts.

Sur le plan international, la ligne dure qu'il affiche envers la Chine fait craindre une guerre commerciale et la renégociation de l'Alena qu'il réclame avec le Canada et le Mexique est au point mort.

Le président américain reste pourtant convaincu que sa méthode est la bonne. "Je crois qu'il veut tout ou rien", note Michael Allen, ancien membre du Conseil national de sécurité sous la présidence de George W. Bush.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)


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