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Etats-Unis et Iran s'exposent en Irak leurs griefs réciproques

Etats-Unis et Iran s'exposent en Irak leurs griefs réciproques
Crédit photo © Reuters

par Ross Colvin

BAGDAD (Reuters) - Les Etats-Unis ont invité l'Iran à ne plus soutenir les milices en Irak, sujet unique de ces premières discussions officielles de haut niveau entre ces deux pays depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en 1980.

L'Iran a pour sa part imputé aux "forces occupantes" une partie de la responsabilité des violences en Irak.

Les deux parties se sont tout de même entendues sur la nécessité de soutenir le gouvernement de Nouri al Maliki.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Ryan Crocker, a jugé positives les discussions avec son homologue iranien Hassan Kazemi-Qomi.

"Les pourparlers se sont déroulés de manière positive. Reste à voir les Iraniens agir sur le terrain", a-t-il dit aux journalistes. "Pour l'instant, leurs actions contredisent leurs déclarations."

Kazemi-Qomi a évoqué une "discussion franche et claire".

"Certains problèmes ont été soulevés et examinés et je pense qu'il s'agit d'une étape positive (...) Dans le domaine politique, les deux parties sont convenues de soutenir et de renforcer le gouvernement irakien, ce qui constitue un autre résultat positif de ces discussions", a-t-il dit.

"Le gouvernement irakien a réclamé que de telles discussions (...) se poursuivent. Mais le calendrier de ces pourparlers sera annoncé ultérieurement après de nouvelles consultations."

VERS UN COMITÉ TRIPARTITE?

L'ambassadeur iranien a aussi annoncé que les Etats-Unis, l'Iran et l'Irak avaient tous trois approuvé la création d'un forum de discussions, dont le but serait de "résoudre les problèmes de sécurité de l'Irak". Il n'a cependant avancé aucune date pour la réunion de ce comité.

Crocker s'est en revanche contenté de dire qu'il transmettrait à Washington une proposition iranienne de "mécanisme tripartite" sur la sécurité irakienne.

"J'ai exposé aux Iraniens un certain nombre de nos motifs directs et précis de préoccupation au sujet de leur attitude en Irak, de leur soutien aux milices qui combattent aussi bien les forces de sécurité irakiennes que les forces de la coalition", a rapporté l'ambassadeur américain.

"Le fait (est) que beaucoup d'explosifs et de munitions utilisés par ces groupes proviennent d'Iran (...) De telles activités (...) doivent cesser et (...) nous attendons des résultats", a-t-il ajouté.

Kazemi-Qomi a répliqué que "les forces d'occupation ont accru les problèmes, la douleur et la peine du peuple irakien".

Il a toutefois proposé l'aide de l'Iran pour la formation et l'armement des forces irakiennes.

Les Etats-Unis accusent depuis longtemps l'Iran d'alimenter les violences en Irak par son soutien aux milices chiites. L'armée américaine a ainsi exposé ce qu'elle présente comme des roquettes, des obus de mortier et des bombes de conception iranienne et saisis en Irak.

POIGNÉE DE MAINS

Téhéran dément ces accusations et invite plutôt les Etats-Unis à retirer leurs troupes d'Irak.

Crocker a toutefois déclaré que les Etats-Unis comme l'Iran étaient favorables à un Irak stable et fédéral, assurant sa propre sécurité.

Avant le début de cette rencontre dans la "zone verte" fortifiée de Bagdad, Maliki a prévenu que son pays ne servirait pas de base de lancement d'une offensive militaire contre l'un de ses voisins. Ces propos constituaient apparemment une allusion aux craintes iraniennes d'une attaque des Etats-Unis, qui sont intervenus en Irak en mars 2003 pour chasser Saddam Hussein du pouvoir.

Crocker et Kazemi-Qomi se sont rencontrés dans les bureaux du Premier ministre. Ils ont échangé une poignée de mains avant de s'asseoir l'un en face de l'autre autour de la même table.

Si des responsables de niveau intermédiaire des deux pays se sont parfois rencontrés par le passé, cette rencontre marque toutefois une rupture avec la volonté américaine d'isolement de l'Iran.

Les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec l'Iran en 1980.

Les deux pays sont en outre engagés dans un autre bras de fer autour du programme nucléaire iranien, que Washington soupçonne de dissimuler un volet militaire. Téhéran dément.

Ce dossier n'a pas été abordé lundi à Bagdad.


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