Espace : Moscou confirme un essai d'arme antisatellite, écarte les critiques

Espace : Moscou confirme un essai d'arme antisatellite, écarte les critiques
Espace : Moscou confirme un essai d'arme antisatellite, écarte les critiques
Crédit photo © Reuters

MOSCOU/WASHINGTON/BRUXELLES (Reuters) - La Russie a confirmé mardi avoir procédé lundi à un test réussi d'une arme antisatellite, écartant les accusations occidentales sur un quelconque danger pour les stations spatiales et les satellites en orbite autour de la Terre.

Le ministère russe de la Défense a annoncé dans un communiqué avoir "réalisé avec succès lundi 15 novembre un test" d'une arme ayant ciblé un satellite russe désormais inutilisé, qui était en orbite depuis 1982.

Toujours selon le ministère russe de la Défense, les débris générés par cette opération n'ont mis en danger ni la Station spatiale internationale (ISS), ni la station spatiale chinoise en cours de construction, ni les satellites en orbite et ils ne poseront pas non plus de menace à l'avenir.

La Nasa a signalé lundi qu'un missile tiré par la Russie sur l'un de ses satellites avait généré un champ de débris orbitaux dangereux pour la Station spatiale internationale à la fois dans l'immédiat et "pour les années à venir".

Les autorités russes ont dénoncé l'"hypocrisie" de ces déclarations, le ministère de la Défense ayant souligné mardi que les Etats-Unis procédaient eux-mêmes à des tests d'armes de frappe dans l'espace, tout comme la Chine et l'Inde.

A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan a estimé qu'il s'agissait d'"un acte irresponsable de la part de la Russie", après un point sur le sujet avec les Etats-Unis.

Pour Jens Stoltenberg, "cela prouve que la Russie développe de nouveaux systèmes d'armement" et renforce la nécessité de protéger les systèmes terrestres contrôlés par satellite.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, et la ministre des Armées, Florence Parly, ont déclaré dans un communiqué conjoint qu'ils condamnaient "fermement" le tir mené par la Russie, le décrivant comme une "action déstabilisatrice, irresponsable et susceptible de provoquer des conséquences de très longue durée sur l'environnement spatial".

De son côté, un porte-parole du gouvernement britannique a condamné cet essai et exhorté la Russie à rejoindre les discussions sous l'égide des Nations unies visant à promouvoir un comportement "responsable" dans l'espace.

Lundi, les sept membres de l'équipage de l'ISS - quatre astronautes américains, un spationaute allemand et deux cosmonautes russes - ont reçu l'ordre de s'abriter dans les capsules amarrées à la station pendant les deux heures ayant suivi l'essai russe, afin de se préparer à une éventuelle évacuation d'urgence, a expliqué la Nasa.

Outre l'ISS, une station spatiale chinoise en construction est également en orbite autour de la Terre. Trois taïkonautes se trouvent actuellement à bord pour une mission de six mois, la deuxième d'une série de quatre prévues pour achever la station, vers fin 2022.

(Reportage Polina Devitt à Moscou, Sabine Siebold et Robin Emmott à Bruxelles, Idrees Ali et Steve Gorman à Washington, Kate Holton à Londres et Nicolas Delame à Paris; version française Camille Raynaud et Myriam Rivet, édité par Bertrand Boucey et Jean Terzian)

click here for restriction
©2021 Reuters
Reuters

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !