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Epinglée par l'Onu, la France réplique sur l'usage de la force

Epinglée par l'Onu, la France réplique sur l'usage de la force
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La France n'a pas attendu l'Onu pour enquêter sur des cas de "violences policières", a répliqué mercredi Edouard Philippe quelques heures après l'appel lancé par les Nations unies à faire toute la lumière sur des cas rapportés d'usage excessif de la force lors des manifestations des "Gilets jaunes".

"J'ai beaucoup de respect pour l'Onu mais je voudrais rappeler à tout le monde que nous sommes un Etat de droit, que quand il y a une plainte, elle est instruite", a déclaré le Premier ministre sur BFM TV. "Qu'il faudra expliquer à Mme le Haut commissaire (de l'Onu aux droits de l'Homme Michelle Bachelet-NDLR) l'ensemble des faits et notamment l'extrême violence qui s'est déchaînée sur les forces de l'ordre, ou sur des biens privés, parfois sur des symboles de la République".

"On n'a pas attendu le Haut commissaire de l'Onu pour faire toute la lumière sur l'ensemble des faits dès lors qu'il y a des plaintes", a-t-il ajouté. "J'aime beaucoup entendre les conseils du Haut commissaire mais je rappelle qu'en France on est dans un Etat de droit et que la République à la fin elle est la plus forte".

Depuis le début de manifestations des "Gilets jaunes", qui réclament depuis le 17 novembre dernier plus de justice sociale et de démocratie participative, 162 enquêtes judiciaires ont été ouvertes sur des "suspicions de violences policières", selon le ministère de l'Intérieur.

Les lanceurs des balles de défense (LBD), des armes intermédiaires, sont notamment dans le viseur des associations de défense des droits de l'Homme et du Conseil de l'Europe qui ont réclamé ces dernières semaines la suspension de leur usage.

Le Conseil d'Etat a pour sa part validé le 1er février leur usage et débouté ses opposants.

"ENQUÊTE COMPLÈTE"

Lors d'un discours prononcé dans la matinée à Genève, le Haut commissaire de l'Onu aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a appelé la France à faire toute la lumière sur les cas de violences policières qui se seraient produites ces trois derniers mois.

En France, les "Gilets jaunes" manifestent contre ce qu'ils perçoivent comme une privation de leurs droits économiques et de leur participation aux affaires publiques", a-t-elle déclaré devant le Conseil des droits de l'Homme.

"Nous encourageons le gouvernement à poursuivre le dialogue (...) et l'exhortons à mener une enquête complète sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force", a-t-elle ajouté.

Au-delà d'Edouard Philippe, les propos de Michelle Bachelet ont également fait réagir le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux qui a assuré à la mi-journée que la France suivrait les recommandations de l'Onu tout en s'"étonnant" de se retrouver sur la même liste que le Venezuela ou Haïti.

"Evidemment nous suivrons les recommandations avec la diligence nécessaire", a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres à l'Elysée.

"Il faut, je le dis néanmoins, s'étonner tout de même de se retrouver cité dans une liste entre le Venezuela et Haïti où il y a eu des morts, je le rappelle, des morts nombreux, suite à des manifestations", a-t-il ajouté.

"Le niveau d'inclusion économique et démocratique en France est selon les standards de l'Onu un des plus élevés au monde, avec un niveau d'inégalités contenu mais que nous nous attachons à combattre".

(Marine Pennetier, avec Simon Carraud, édité par Myriam Rivet)


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