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Enquête parlementaire en Allemagne sur l'effondrement de Wirecard

Enquête parlementaire en Allemagne sur l'effondrement de Wirecard
Crédit photo © Reuters

par John O'Donnell et Christian Kraemer

FRANCFORT (Reuters) - Une enquête parlementaire a été ouverte mardi en Allemagne sur l'effondrement de Wirecard, le plus grand scandale comptable de l'après-guerre d'une entreprise du pays.

Cette enquête sur le groupe allemand de paiements électroniques, dont la capitalisation boursière a atteint un moment plus de 23 milliards d'euros, va accentuer la pression sur la chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des Finances, Olaf Scholz, à un an des élections législatives de septembre de 2021.

Le trou de 1,9 milliard d'euros découvert dans les comptes de Wirecard et le dépôt de bilan qui s'en est suivi, laissant les créanciers avec une ardoise de 3,5 milliards d'euros, met dans l'embarras le gouvernement et ternit la réputation de rigueur de l'Allemagne. Les autorités de tutelle sont notamment accusées d'avoir ignoré les signaux d'alarme avant l'effondrement de Wirecard.

"C'était une fausse entreprise", a déclaré Fabio De Masi, un député ayant joué un rôle clé dans l'ouverture de cette enquête qui autorise les parlementaires à mener des interrogatoires et à réclamer des informations. "Nous n'avons pas les réponses aux questions que nous nous posons", a-t-il dit.

Felix Hufeld, président de la BaFin, l'autorité de surveillance des marchés financiers, a reconnu en juin que le dossier Wirecard était "un désastre absolu" et que l'institution qu'il dirige, comme d'autres, avait commis des erreurs.

Olaf Scholz a promis un durcissement des règles de contrôle des entreprises et un renforcement des compétences de la BaFin.

Le gouvernement allemand évalue à plus de 1.000 les transactions suspectes impliquant Wirecard depuis la mi-2017. La plupart ne sont cependant pas liées au scandale comptable.

Les parlementaires estiment que l'effondrement de Wirecard a mis en évidence le laxiste du contrôle des sociétés financières.

"Au lieu de s'expliquer, le gouvernement cherche à se murer dans le silence", a déclaré Lisa Paus, une élue écologiste.

Wirecard a licencié la semaine dernière plus de la moitié des employés que l'entreprise comptait encore en Allemagne et a mis fin aux contrats des membres de son directoire.

La direction du groupe est soupconnée de fraude commerciale en bande organisée. Markus Braun, ancien président du directoire, a été arrêté et incarcéré, tandis que son ancien adjoint Jan Marsalek est en fuite.

(version française Claude Chendjou, édité par Jean-Philippe Lefief)


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