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Emmanuel Macron giflé dans la Drôme, condamnations unanimes

Emmanuel Macron giflé dans la Drôme, condamnations unanimes
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a été giflé par un homme mardi lors d'un déplacement dans la Drôme, une "agression" dénoncée par le chef du gouvernement Jean Castex et unanimement condamnée au sein de la classe politique qui s'inquiète d'une montée de la violence avant la présidentielle de 2022.

Le chef de l'Etat a de son côté appelé à "relativiser cet incident", le décrivant comme un "fait isolé".

"Il ne faut pas que cela vienne occulter le reste des sujets si importants qui concerne la vie de beaucoup", a-t-il dit dans un entretien au Dauphiné Libéré, tout en se disant "intraitable" sur le respect des fonctions de la République.

"Il ne peut pas y avoir de violence, de haine, ni dans le discours ni dans les actes. Sinon c'est la démocratie elle-même qui est menacée", a souligné Emmanuel Macron.

Deux hommes âgés de 28 ans, dont l'agresseur présumé, ont été arrêtés par la gendarmerie et placés en garde à vue pour "violence volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique", a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Selon Le Figaro, ils seraient inconnus des services de police et originaires de la Drôme. Ils sont présentés comme des "gilets jaunes".

L'incident, qui a été filmé et diffusé sur Twitter, s'est produit après une visite du chef de l'Etat au lycée hôtelier de Tain-L'Hermitage.

Sur les images, on voit Emmanuel Macron s'approcher de badauds rassemblés derrière une barrière. Un homme l'agrippe alors par le bras gauche avant de crier "Montjoie Saint-Denis ! A bas la Macronie !" et de le gifler de la main droite.

"Montjoie Saint-Denis!" fut le cri de guerre des rois de France.

Lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée, le Premier ministre Jean Castex a dénoncé une "agression", soulignant qu'"à travers le chef de l'Etat, c'est tout simplement la démocratie qui est visée".

Contacté par Reuters, l'Elysée a évoqué une "tentative de coup" et s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat. Emmanuel Macron a poursuivi ensuite sa visite à Valence, où il a posé pour des photos avec des habitants.

MÉLENCHON ET LE PEN CONDAMNENT

Après le Lot, le chef de l'Etat avait choisi la Drôme pour deuxième étape de son "Tour de France", à la veille de la troisième phase du déconfinement, afin de rencontrer notamment des représentants du secteur de la restauration.

Avant l'incident, survenu en début d'après-midi, il avait appelé au "calme" et au "respect", estimant que "la haine" et "la violence" fragilisaient la démocratie.

Une allusion notamment aux attaques visant le dirigeant de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui s'est dit lundi la cible d'une frange violente de l'extrême droite. Le candidat à l'Elysée a suscité la controverse en établissant un lien, dimanche sur France Inter, entre des actes terroristes ou violents survenus en France et les récentes campagnes présidentielles.

Jean-Luc Mélenchon a apporté son soutien au président. "Cette fois-ci vous commencez à comprendre que les violents passent à l'acte ?", a-t-il écrit mardi sur Twitter.

Le député LFI Eric Coquerel a dénoncé sur Twitter "la violence d'extrême droite", ajoutant que "Montjoie Saint-Denis!" était un slogan de "l'extrême droite royaliste".

"Si le débat démocratique peut être âpre, il ne saurait en aucun cas tolérer la violence physique", a déclaré pour sa part la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.

Le président (Les Républicains) des Hauts-de-France Xavier Bertrand, également candidat à la présidentielle, a condamné un "geste inacceptable". L'ancien président socialiste François Hollande a déploré sur Twitter "un coup insupportable et intolérable à nos institutions".

En 2011, Nicolas Sarkozy avait été violemment agrippé par un homme lors d'une visite dans le Lot-et-Garonne. En 2017, l'ex-Premier ministre Manuel Valls, alors candidat à la primaire de la gauche pour la présidentielle, avait été giflé par un jeune homme. Les deux agresseurs avaient été condamnés à des peines de prison avec sursis.

(Blandine Hénault et Nicolas Delame, avec Michel Rose, Matthieu Protard et Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet et Jean Terzian)


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