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Consultation

Duel en vue entre Roux de Bézieux et Saubot pour la présidence du Medef

Duel en vue entre Roux de Bézieux et Saubot pour la présidence du Medef
Crédit photo © Reuters

par Caroline Pailliez

PARIS (Reuters) - La course à la présidence du Medef s'accélère à mesure que les soutiens des candidats se font connaître, rendant inéluctable un match final entre Alexandre Saubot, ex-président de la puissante union des industries métallurgies, et Geoffroy Roux de Bézieux, jusqu'à récemment vice-président de l'organisation patronale.

Six candidats sur les neuf qui se présentaient au départ sont encore en lice pour succéder à Pierre Gattaz le 3 juillet prochain, date de l'élection du nouveau président.

Il s'agit d'Alexandre Saubot, Geoffroy Roux de Bezieux, Patrick Martin, président du Medef Auvergne Rhône-Alpes, Dominique Carlac'h, présidente du comité sport du Medef, Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France, et Olivier Klotz, président du Medef Alsace.

L'équipe de campagne de Geoffroy Roux de Bézieux revendique 203 voix sur les 561 délibératives de l'Assemblée générale. Cette dernière est constituée pour les deux tiers de fédérations professionnelles et pour un tiers de Medef territoriaux.

Mercredi, la puissante Fédération française de l'assurance (FFA)- deuxième fédération en importance après l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) avec 33 voix - a décidé de soutenir le candidat à l'origine de Virgin Mobile, selon un membre influent qui s'est confié à Reuters.

Quelques heures auparavant, la Fédération bancaire française (FBF) - avec ses 30 sièges - avait annoncé son soutien à Alexandre Saubot, PDG de l'entreprise familiale Haulotte, qui fabrique des matériels d'élévation et compte 1.700 salariés, selon une information des Echos.

Ce dernier revendique 230 à 250 voix récoltées. Il a déjà obtenu le soutien de l'UIMM, que lui-même a dirigée de 2015 à mars 2018 et qui représente 34 voix, ainsi que celui de la Fédération nationale des travaux publics (14 voix).

LE BÂTIMENT DOIT ENCORE CHOISIR

Restent à connaître les intentions des autres grandes fédérations: le bâtiment qui dispose de 20 sièges, le commerce et la distribution de 16 sièges ou encore Syntec qui représente les professions de l'ingénierie, du numérique, des études et du conseil, avec 16 sièges également.

La présidente de cette dernière, Viviane Chaine-Ribeiro, avait annoncé mardi à Reuters qu'elle voterait "à titre personnel" pour Geoffroy Roux de Bézieux mais elle se dit confiante.

"Je ne vois pas comment Syntec ne voterait pas majoritairement pour Geoffroy Roux de Bézieux", a-t-elle déclaré. "Pendant les trois ans à la tête du compte social, Alexandre Saubot ne nous a pas démontré qu'il était capable de travailler en équipe."

Elle lui reproche sa gestion dans les dossiers du compte pénibilité en 2015 et de la réforme de l'assurance-chômage en 2016. Alexandre Saubot était alors, et jusqu'à mars dernier, président du pôle social du Medef et négociateur pour l'organisation patronale.

A ces voix s'ajoutent celles de plus petites fédérations qui se trouvent dans leurs sphères d'influence, et celles des Medef territoriaux qui disposent de 170 délégués à l'assemblée.

CONTRER LA "PARTIE GAUCHE" DE MACRON

Pour le président de la puissante Fédération du Bâtiment (20 votes), Jacques Chanut, rien n'est encore joué. L'organisation, qui devrait se prononcer d'un bloc, annoncera officiellement sa décision durant la troisième semaine de juin, après son assemblée générale.

Il dit mesurer les forces et faiblesses des deux favoris, même s'il admet avoir eu de fortes divergences avec Alexandre Saubot sur les dossiers sociaux.

"Alexandre Saubot vient d'une branche qui nous est proche. Il est aussi très technique. Mais il n'a pas les mêmes capacités de communication que Geoffroy Roux de Bézieux", a-t-il dit à Reuters. A l'inverse, "est-ce que Geoffroy Roux de Bézieux, avec son profil 'technologie' va comprendre nos métiers plus traditionnels?"

Ce qui importe est que le prochain président soit "bien élu", dit-il. "Avec la remise en cause des corps intermédiaires, on a besoin d'un président légitimé."

Pour Jean-Claude Volot, conseiller de Pierre Gattaz, le candidat idéal est celui qui sera en mesure d'influencer l'Elysée. "Emmanuel Macron va commencer à afficher sa 'partie gauche' car on lui a trop reproché sa 'partie droite'", a-t-il dit à Reuters. "Pour les années à venir, il faut un président qui soit le mieux placé pour opposer et amender."

Son choix se tourne vers Geoffroy Roux de Bézieux, qui est "plus consensuel" et "va chercher des positions".

Pour Philippe Darmayan, le nouveau président de l'UIMM, Alexandre Saubot incarne mieux cette influence. "De ce que j'ai vu de l'action d'Alexandre Saubot, que ce soit sur le plan économique avec Bruno Le Maire (le ministre de l'Economie, ndlr) et sur le plan social avec Muriel Pénicaud (la ministre du Travail, ndlr), il a cette capacité de conviction et cette capacité d'anticipation" dont le Medef a besoin.

(Edité par Yves Clarisse et Jean-Stéphane Brosse)


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