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Dominique de Villepin mis en examen dans l'affaire Clearstream

Dominique de Villepin mis en examen dans l'affaire Clearstream

Crédit photo © Reuters

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin a été mis en examen pour, notamment, complicité de dénonciation calomnieuse dans le cadre de l'affaire Clearstream.

L'ancien Premier ministre a de nouveau démenti avoir commis une "quelconque manoeuvre politique" et dit qu'il répondrait à toutes les questions des juges.

Un de ses avocats avait auparavant précisé que Dominique de Villepin souhaitait prendre connaissance des 27 tomes du dossier avant de décider ou non de contester la compétences des juges.

Les actes commis par les ministres ne peuvent en effet, en principe, faire l'objet de procédures que devant la Cour de justice de la République, une juridiction spéciale.

Dominique de Villepin a été mis en examen, comme on s'y attendait, pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux", a confirmé un de ses avocats, Me Luc Brossollet.

Prié de dire si la mise en examen avait bien eu lieu, il a répondu aux agences de presse : "Oui. Pour les chefs prévus".

L'ex-chef du gouvernement a été entendu moins d'une heure par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons chargés de l'enquête sur une affaire qui a visé, notamment, à l'établissement de faux listings bancaires impliquant des personnalités politiques.

Dominique de Villepin, qui a quitté ses fonctions à Matignon en mai, est soupçonné d'avoir participé à une machination politique mettant en cause Nicolas Sarkozy, son rival à l'époque dans la course à l'Elysée, dont le nom apparaît sur les listes falsifiées de comptes.

"Je tiens à redire ce matin qu'à aucun moment je n'ai demandé une enquête sur des personnalités politiques, qu'à aucun moment je n'ai participé à une quelconque manoeuvre politique", a déclaré l'ancien chef du gouvernement à la presse à la sortie du pôle financier du palais de justice de Paris.

"MON DEVOIR DE MINISTRE"

"J'ai agi pour faire face à des menaces internationales, à des menaces concernant nos intérêts économiques. C'est strictement dans ce cadre que j'ai agi, c'était mon devoir comme ministre", a dit celui qui était à l'époque des faits ministre des Affaires étrangères puis ministre de l'Intérieur.

Il a ajouté qu'il se battrait pour que "la vérité puisse enfin apparaître". "Je répondrai naturellement à l'ensemble des questions qui me seront posées", a-t-il encore déclaré.

Prié de dire si l'ex-Premier ministre contesterait la compétence des magistrats, Me Olivier d'Antin, un autre avocat de Dominique de Villepin, a dit aux agences de presse : "La connaissance du dossier est un élément décisif pour décider de cette question. Ce n'est pas une question facile à trancher."

Dominique de Villepin avait été entendu fin décembre pendant 17 heures en qualité de simple témoin par les juges.

Il s'était alors présenté comme "victime de calomnie et de mensonge" et avait nié toute malversation, expliquant qu'il ne s'intéressait à l'affaire Clearstream qu'au nom de la "moralisation de la vie économique internationale".

La découverte de nouvelles notes du général Philippe Rondot, un des protagonistes de l'affaire, en juin avait relancé les soupçons sur l'action de l'ancien Premier ministre, dont le domicile et le bureau ont été perquisitionnés début juillet.

Selon ces notes, révélées lors d'une expertise judiciaire de l'ordinateur du militaire, Dominique de Villepin aurait demandé à l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin de parler à un juge de ces listings. Cet élément a été confirmé par Jean-Louis Gergorin, entendu par les juges la semaine dernière.

L'ex dirigeant d'EADS, qui a reconnu avoir transmis les listings falsifiés au juge Renaud Van Ruymbeke en mai-juin 2004, a précisé que Dominique de Villepin lui avait dit que l'instruction de parler à un juge venait du président de la République de l'époque, Jacques Chirac, selon des extraits de son audition publiés dans la presse.


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