Deuxième tir de missile par Pyongyang en moins d'une semaine

Deuxième tir de missile par Pyongyang en moins d'une semaine
Deuxième tir de missile par Pyongyang en moins d'une semaine
Crédit photo © Reuters

par Josh Smith et Hyonhee Shin

SEOUL (Reuters) - La Corée du Nord a tiré mardi un missile balistique présumé qui pourrait être plus puissant que le "missile hypersonique" lancé quelques jours auparavant, a rapporté l'armée sud-coréenne, ce deuxième essai en moins d'une semaine reflétant la volonté de Pyongyang de développer un arsenal de plus en plus performant.

La Corée du Nord avait annoncé la semaine dernière avoir procédé avec succès à l'essai d'un missile hypersonique, après que Kim Jong-un a déclaré lors de ses voeux du Nouvel An vouloir renforcer les capacités militaires nord-coréennes face à une situation internationale jugée instable.

Selon un communiqué du chef d'état-major de l'armée sud-coréenne, les premières évaluations ont permis de constater que le missile a parcouru plus de 700 kilomètres à une altitude maximale de 60 km et a atteint une vitesse maximale de 12.348 kilomètres par heure, soit environ dix fois la vitesse du son.

"Nous estimons qu'il s'agit d'un missile plus avancé que celui lancé par la Corée du Nord le 5 janvier dernier, même si les services de renseignement sud-coréens et américains poursuivent leurs analyses détaillées", est-il précisé dans ce communiqué.

D'après l'armée sud-coréenne, le projectile a été détecté aux alentours de 07h27 (22h27 GMT lundi) et a été tiré depuis la province nord-coréenne de Jagang, dans le nord-ouest du pays, en direction de la côte Est du pays.

La semaine dernière, l'armée sud-coréenne avait émis des doutes sur l'annonce par Pyongyang du tir réussi d'un missile hypersonique, disant n'avoir pas constaté d'avancée majeure dans le programme balistique nord-coréen.

CONDAMNATION INTERNATIONALE

"Ce nouveau test pourrait être destiné à envoyer un message au Sud, après que les autorités de Séoul ont jugé que le dernier test était un échec et ne portait pas sur un missile hypersonique", a estimé Kim Dong-yup, ancien officier de la marine sud-coréenne qui enseigne désormais à l'université Kyungnam de Séoul.

A la différence des missiles balistiques, qui s'envolent dans l'espace avant de prendre une trajectoire plus directe, les missiles hypersoniques volent à basse altitude vers leur cible et peuvent atteindre cinq fois la vitesse du son - soit environ 6.200 km/h.

Dans le sillage de ce nouveau tir, le conseil de sécurité nationale de la Corée du Sud a organisé une réunion extraordinaire au cours de laquelle ses membres ont fait part de leur "vif regret" de la survenue de ce test dans une période cruciale pour la stabilité régionale, a fait savoir la présidence sud-coréenne dans un communiqué.

Ils ont également exhorté Pyongyang à reprendre le dialogue et la coopération, alors que les discussions avec les Etats-Unis et la Corée du Sud sur la dénucléarisation de la péninsule sont toujours bloquées.

INQUIÉTUDE POUR LA STABILITÉ RÉGIONALE

Le commandement militaire des Etats-Unis pour la zone indopacifique (INDOPACOM) a fait savoir que même s'il a estimé que ce tir n'avait pas représenté une menace immédiate pour les Etats-Unis ou leurs alliés, il "souligne l'impact déstabilisateur du programme d'armement clandestin de la Corée du Nord."

Au Japon, le Premier ministre Fumio Kishida a déclaré à la presse qu'il était "extrêmement regrettable" que Pyongyang continue de lancer des missiles, en soulignant que ce nouveau tir était survenu alors que les Nations unies venaient à peine de terminer les discussions au sujet de la réponse au tir de la semaine dernière.

Ce nouveau tir nord-coréen présumé intervient au lendemain de la condamnation par la mission diplomatique des Etats-Unis à l'Onu, soutenue par la France, le Royaume-Uni et le Japon notamment, de l'essai effectué la semaine dernière par Pyongyang.

"Ces agissements alimentent le risque d'escalade et représentent une menace importante pour la stabilité de la région", a déclaré l'ambassadrice américaine à l'Onu dans un communiqué publié lundi.

Linda Thomas-Greenfield a de nouveau appelé la Corée du Nord à revenir à la table des négociations et à abandonner ses programmes nucléaire et balistique.

Une série de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, assorties de sanctions à l'encontre de Pyongyang, interdisent tout test de missile balistique et nucléaire nord-coréen.

Pour autant, la Chine et la Russie tentent de suggérer un allègement des sanctions pesant sur la Corée du Nord, plaidant notamment pour une levée de l'embargo sur les exportations de fruits de mer et de textiles ainsi que du plafonnement des importations de pétrole raffiné.

A la suite de ce nouveau tir, Linda Thomas-Greenfield a une nouvelle fois appelé la communauté internationale à faire appliquer ces sanctions et invité Pyongyang à revenir à la table des discussions.

La Corée du Nord dit être ouverte à des discussions, mais seulement si Washington et d'autres abandonnent leurs "politiques hostiles" à son égard.

(Reportage Hyonhee Shin et Josh Smith à Séoul, avec la contribution du bureau de Tokyo et de David Brunnstrom à Washington, rédigé par Josh Smith ; version française Jean Terzian et Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)

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