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Défense: Parly promet de s'atteler à la réforme attendue du soutien

Défense: Parly promet de s'atteler à la réforme attendue du soutien
Crédit photo © Reuters

par Julie Carriat

PARIS (Reuters) - Florence Parly s'est engagée mardi à accélérer la transformation du ministère des Armées afin de rendre de nouvelles marges de manoeuvre aux militaires, particulièrement en matière de soutien, et de rompre avec les "sacrifices" et les "frustrations" face aux enjeux majeurs de la Défense européenne.

Dans cet esprit, la ministre des Armées a adressé une mise en garde aux industriels du secteur, soulignant qu'ils devraient être à la hauteur des ressources allouées aux armées dans la loi de programmation militaire 2019-2025 en se gardant de tout retard ou dépassement.

L'Etat a prévu de consacrer 295 milliards d'euros à la Défense d'ici à 2025 en vue de conforter l'autonomie stratégique de la France et de combler un lourd déficit d'effectifs et d'équipements.

"Les mots coupes, retards, fermeture, sont rentrés dans le lexique de nos armées. Alors que les engagements se multipliaient et que le monde s'embrasait, nous avons exigé toujours plus de nos forces, en leur donnant toujours moins", a déclaré Florence Parly lors d'un discours en clôture de l'Université d'été de la Défense, à Paris.

Après le renouvellement promis des équipements et la réforme des MCO (maintien en condition opérationnelle) terrestre et aéronautique, notamment, la ministre a marqué sa volonté de "s'atteler à la réforme des soutiens", revendication de longue date des états-majors qui ont vécu la réforme de 2008 comme un affaiblissement supplémentaire.

"La transformation du ministère est un impératif et je compte l'accélérer", a-t-elle souligné.

"Sous prétexte que ce n'est peut-être pas le plus visible, la réforme du soutien, affaibli par des années de réductions, a été trop longtemps repoussée", a-t-elle déploré.

La réforme du ministère engagée en 2008, dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), avec notamment la création de 60 bases de défense pour mutualiser les fonctions de soutien, a conduit à la suppression de plusieurs milliers d'emplois et à une "déshumanisation" administrative aux dires des militaires.

200 ESPACES MULTI-SERVICES

Lors d'une audition devant la commission de la Défense nationale et des forces armées de l'Assemblée, en juillet, le chef d'état-major des armées avait appelé à "corriger les excès de l'approche fonctionnelle dont les armées ont souffert ces dix dernières années".

"On a organisé les soutiens en grandes fonctions verticales, ce qui a fragilisé le commandement et s'est accompagné d'une grande pression sur les effectifs et les ressources", avait déploré le général François Lecointre. "Nous devons veiller à remédier aux affaiblissements les plus criants."

Florence Parly a assuré mardi qu'"une marge de manoeuvre en matière de soutien" serait rendue aux armées.

"Il ne s'agit pas de remettre en cause le caractère interarmées des services de soutien", a-t-elle dit. "Il s'agit de trouver un modèle qui allie la réponse aux besoins exprimés par les forces, au plus proche du terrain, et le professionnalisme et l'expertise de nos services de soutien."

La ministre a précisé que les 170 antennes du commissariat des Armées seraient remplacées, avec la création de "200 espaces multiservices". Elle s'est également engagée "à prendre à bras-le-corps" la situation du logement pour les soldats et leurs familles.

Cet "impératif de modernité", Florence Parly le mesure à l'aune du défi européen face à l'unilatéralisme des Etats-Unis. "L'Europe est la solution, pas le problème, mais c'est à nous d'en faire la preuve."

"Nous ne pouvons pas nous reposer exclusivement sur les autres" en matière de Défense, a-t-elle souligné en appelant à "se battre". "Les Etats-Unis sont nos alliés et amis, et ils le resteront", a-t-elle poursuivi. "Mais le doute s'est installé : pourrons-nous toujours compter, en tous lieux et en toutes circonstances, sur un soutien américain?"

Pour donner corps à cet "élan" européen, Florence Parly a mis en avant l'Initiative européenne d'intervention (IEI), qui rassemble neuf pays dont la France, et annoncé qu'elle réunirait en novembre ses homologues "pour donner des orientations politiques aux premières discussions entre états-majors, qui auront lieu dans la foulée".

(édité par Sophie Louet)


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