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Dans un livre, Hollande accuse Macron de creuser les inégalités

Dans un livre, Hollande accuse Macron de creuser les inégalités

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - "Mes gouvernements réduisaient les inégalités, celui-là les creuse", écrit François Hollande dans un livre sur son quinquennat (2012-2017) qui constitue une charge contre la politique, l'exercice du pouvoir et le style d'Emmanuel Macron.

A la veille de la parution de l'ouvrage, "Les leçons du pouvoir" (Editions Stock), dont Le Figaro publie des extraits et que l'ancien président commente mardi dans un entretien à l'Obs, l'ancien dirigeant socialiste juge sévèrement les 11 premiers mois de celui qui fut son conseiller avant de devenir ministre de l'Economie, puis candidat à l'Elysée.

"Aujourd’hui, ce sont les très riches qui bénéficient de la croissance et des faveurs fiscales. La question des inégalités va devenir criante, ici comme partout dans le monde", déclare l'ancien chef de l'Etat dans l'Obs.

Aux yeux de celui qui dirigea le Parti socialiste avant d'accéder à l'Elysée, la politique d'Emmanuel Macron ne s'inscrit pas, comme la sienne, dans la veine social-démocrate.

"Je le dis sans acrimonie : il ne s’est jamais inscrit dans l’histoire ni dans la culture de la social-démocratie. Il ne mène donc pas une politique qui s’en inspire", dit-il.

Interrogé sur les actuelles crispations qui accompagnent les réformes engagées par le gouvernement, notamment celle de la SNCF, François Hollande se permet une mise en garde contre des choix faits, à son avis, sans concertation suffisante.

"Mon expérience m’a prouvé que chaque fois que j’ai pu engager une concertation et négocier, j’ai réussi à réformer. Chaque fois que j’ai voulu aller trop vite ou trop brutalement, je n’ai pas été compris. La négociation prend plus de temps, mais elle produit des résultats plus solides", dit-il.

Qualifié en son temps de "président normal", une formule à double tranchant, François Hollande critique aussi à mots couverts le style de présidence d'Emmanuel Macron, dont l'élection, qualifiée de "féérique", doit "beaucoup à un jeu du destin et à l’état des autres forces politiques".

"Il a dit lui-même qu’il avait été 'élu par effraction'. C’est vrai", dit-il. "Si la majorité de gauche avait été unie, et que l’opposition de droite n’avait pas été représentée par un candidat discrédité, il n’y aurait pas eu de place pour l’aventure féerique d'Emmanuel Macron."

MONARCHIQUE

L'ancien président, dont les détracteurs ont moqué le manque d'autorité, met aussi en garde son successeur contre une vision "monarchique" du pouvoir.

"Je n'ai jamais adhéré à une conception monarchique des institutions de la Ve République. Ceux qui disent que le peuple cherche un roi ne doivent jamais oublier qu’ils sont dans un pays où on lui a coupé la tête", ironise-t-il dans l'Obs.

Une critique qui fait écho à des remarques du même acabit dans son livre.

"Je sais d'où je viens, à quelle histoire j'appartiens et quelles valeurs je défends. D'autres croient que dans le ciel ne luit qu'une seule étoile, la leur, que tout est affaire de chances et de circonstances, et qu'ils ne sont liés à rien ni à personne", juge François Hollande. "Président, j'ai été celui de tous les Français mais je n'ai cessé de me situer dans un camp, celui du progrès. C'est ce qui a été appelé 'l'ancien monde'. C'est le mien. Il a de l'avenir".

L'ancien dirigeant de 63 ans, qui a installé ses bureaux rue de Rivoli à Paris et donne régulièrement des conférences à l'étranger, parle aussi de son avenir personnel.

"J'entends toujours faire de la politique. Je n'ai d'ailleurs jamais déclaré que j'y renonçais. Mais faire de la politique n'est pas forcément solliciter les suffrages, diriger un parti, ou préparer des échéances", écrit-il. "Ma vie nouvelle me laisse libre de défendre, au plus profond de moi-même, ce que je crois."

D'ordinaire très pudique, François Hollande, qui s'est séparé avec fracas de la journaliste Valérie Trierweiler au début de son quinquennat après la révélation de sa liaison avec Julie Gayet, évoque l'"inestimable soutien" de cette dernière, qui "rend la vie plus douce" à ses côtés.

(Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


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