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Dans les vignobles français, des "bougies" contre le gel

Dans les vignobles français, des "bougies" contre le gel
Crédit photo © Reuters

par Sybille de La Hamaide et Sarah Meyssonier

CHABLIS, France (Reuters) - Face aux fortes gelées printanières qui font craindre de graves dégâts et des pertes de production, des vignerons français allument des "bougies" et brûlent des bottes de paille dans l'espoir de protéger leurs vignobles.

Les températures ont chuté jusqu'à -5°C la nuit dernière dans certaines régions viticoles, notamment à Chablis, en Bourgogne, et dans le bordelais, ce qui pourrait nuire aux bourgeons déjà bien développés en raison des températures bien plus clémentes enregistrées la semaine dernière.

A Chablis, connue dans le monde entier pour son vin blanc, la lueur dorée d'une dizaine de milliers de bougies illuminait au petit matin mercredi les vignobles vallonnés.

Laurent Pinson, un vigneron, explique avoir garni ses 14 hectares de vignes de 300 à 600 "grandes bougies" - des bidons de paraffine enflammée.

"On joue la récolte sur quelques nuits, sur une, deux ou trois nuits", explique-t-il.

Les producteurs jugent que les dégâts seront inévitables, bien qu'il soit encore trop tôt pour les chiffrer.

"Il fera également froid cette nuit, donc il y a beaucoup d'inquiétude", déclare Christophe Chateau, du groupe de producteurs bordelais CIVB. "Avec deux nuits consécutives, il y a deux fois plus de risques que le vignoble soit endommagé."

Les vignerons ont également installé des bottes de paille fumantes afin de fournir un écran de fumée pour empêcher le soleil du matin de brûler les bourgeons gelés; ils ont pulvérisé de l'eau sur les vignes, qui une fois gelée agit comme une barrière de protection contre le gel; Ils ont aussi installé des chaufferettes et des tours à vent.

Il y a 20 ou 25 ans, les périodes de gel étaient plutôt au mois de mai, mais maintenant cette période se situe plutôt au mois d'avril, ce qui fait que les températures sont plus importantes négativement, déclare Laurent Pinson.

"On n'est plus sur la petite gelée de printemps à -1°C, -2°C grand maximum, on peut aller sur des gelées qui vont de -4°C, -5°C, -6°C voir même plus dans certains secteurs. C'est très problématique parce que niveau protection y'a plus du tout la même efficacité."

Une vague de froid en avril 2017 a tellement endommagé les vignobles que la production annuelle de vins français a plongé à son niveau le plus bas de l'histoire. Les gelées ont également causé des problèmes en 2016, et à nouveau en 2019.

(version française Lucinda Langlands-Perry, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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