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Cyclisme: un vainqueur du Tour de France avoue s'être dopé

Cyclisme: un vainqueur du Tour de France avoue s'être dopé

par John Mehaffey

LONDRES (Reuters) - En plein Giro, le dopage a réclamé vendredi deux nouveaux scalps dans le monde du cyclisme, avec les aveux coupables d'un ancien vainqueur du tour de France - une première - et l'annonce des 21 mois de suspension encourus par l'Italien Ivan Basso, vainqueur en 2006 de l'épreuve transalpine.

Le Danois Bjarne Riis est le premier vainqueur de la Grande Boucle à avouer s'être dopé. Lors d'une conférence de presse à Copenhague, il a déclaré avoir pris de l'érythropoïétine (EPO) entre 1993 et 1998. Il avait remporté le Tour de France en 1996.

"J'ai pris des produits dopants, j'ai pris de l'EPO. Je l'ai achetée moi-même. Je l'ai prise tout seul. Cela faisait partie de la vie quotidienne des coureurs cyclistes", a déclaré l'ex-coureur. "Je suis fier de mes résultats, même s'ils n'ont pas été acquis en toute honnêteté. Je passe aux aveux aujourd'hui pour assurer l'avenir du cyclisme."

Riis est aujourd'hui directeur sportif de l'équipe CSC, dont faisait partie Basso lorsqu'il a été évincé du Tour de France 2006, à la veille du prologue, après avoir été impliqué dans l'affaire Puerto. Cette opération anti-dopage avait débouché l'an dernier sur la saisie en Espagne de grandes quantités de stéroïdes anabolisants, de matériel pour transfusions sanguines et de plus de 200 poches de sang congelé.

L'OMERTA LEVÉE ?

Or vendredi, le Comité national olympique italien (Coni) a annoncé que le coureur cycliste italien, vainqueur du Giro 2006, encourait une suspension de 21 mois pour tentative de dopage.

"Le Coni a demandé qu'Ivan Basso soit interdit de compétition pour 21 mois compte tenu du fait qu'il s'agit de sa première violation des règlements", écrit dans un communiqué le Comité olympique, qui gère la lutte contre le dopage en Italie.

Le procureur du Coni a requis cette peine lorsqu'il a déferré l'affaire à la commission de discipline de la Fédération italienne de cyclisme. Il est presque certain que la commission suivra son avis.

Après avoir comparu devant la commission anti-dopage du Coni, Basso a reconnu au début du mois avoir essayé de se doper tout en soutenant qu'il n'avait jamais pris de produits interdits ni recouru à une transfusion sanguine. Basso, 29 ans, est au nombre de la cinquantaine de coureurs dont le nom a été mentionné dans le cadre de l'affaire Puerto.

Comme Basso et Riis, l'Allemand Erik Zabel, dont le palmarès est riche de six maillots verts et de 12 victoires d'étape dans le Tour, vient lui aussi de reconnaître s'être dopé, ainsi que l'Allemand Rolf Aldag, directeur sportif de T-Mobile.

Riis, Zabel et Aldag étaient tous des coéquipiers de l'Allemand Jan Ullrich, qui a remporté le Tour de France en 1997. Ullrich, qui avait subi le même sort que Basso l'an dernier, clame lui son innocence mais a été contraint de mettre fin à sa carrière.

Son manager Wolfgang Strohband a annoncé dans un article à paraître dans le journal allemand Die Welt qu'Ullrich allait faire une déclaration samedi.

ANGELA MERKEL SE DIT "STUPÉFAITE"

L'Allemand est arrivé deuxième du Tour de France 1996 derrière Riis. Le troisième du podium, le Français Richard Virenque, membre de l'équipe Festina, a par la suite avoué devant un tribunal s'être dopé.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite "stupéfaite" par l'ampleur du phénomène dans le milieu cycliste.

"Un abîme s'est ouvert avec ces aveux de dopage faits par des cyclistes de premier plan", a déclaré Merkel dans un communiqué peu après les déclarations de Riis.

"A l'évidence, la manipulation systématique a atteint des dimensions inconcevables. Mais les aveux et les enquêtes ne sont pas allés assez loin pour le nettoyage nécessaire.

"Tous ceux qui se sont rendus coupables de dopage ont maintenant l'occasion de dire la vérité et d'abattre le mur de silence, s'ils veulent donner à leur sport la possibilité d'un nouveau départ, propre."

Mais des coureurs résistent, au premier rang desquels l'Américain Floyd Landis, accusé de dopage lors de sa victoire dans le Tour de France 2006.

Cette avalanche d'aveux ne fait que confirmer ce que beaucoup d'observateurs soupçonnaient depuis longtemps quant aux pratiques dopantes dans le cyclisme.

En 2005, le quotidien sportif L'Equipe avait sur quatre pages fait état d'un test positif à l'EPO de l'Américain Lance Armstrong, vainqueur du Tour de 1999 à 2005, lors du premier Tour qu'il a remporté, soit un an avant l'adaptation du test officiel à l'évolution de l'EPO.

Le coureur américain a nié avoir pris des substances dopantes et son seul test positif aux corticostéroïdes avait été invalidé quant il avait produit un certificat médical montrant qu'il avait utilisé légalement une crème en contenant.


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