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Cryptoactifs et associations dans le viseur de Tracfin

Cryptoactifs et associations dans le viseur de Tracfin
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La montée en puissance des cryptoactifs, porteurs de risques élevés avérés en matière de fraude et de blanchiment de capitaux, constitue un point de vigilance pour Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy.

Dans son rapport annuel sur l'évolution des risques présenté mercredi, pour la première fois assorti d'une série de dix recommandations, la cellule dédiée à la lutte contre le blanchiment, la fraude aux finances publiques et le financement du terrorisme insiste également sur la nécessité de renforcer le cadre juridique applicable aux associations, afin de renforcer la transparence.

Certaines associations présentent "une certaine opacité ou en tout cas un manque de transparence" sur leurs activités financières et comptables ou la connaissance des dirigeants de la structure, par exemple, a expliqué lors d'une conférence de presse le directeur de Tracfin, Bruno Dalles.

"Et ce n'est pas uniquement vrai en matière de lutte contre le financement du terrorisme ou de lutte contre la radicalisation", a-t-il souligné.

Tracfin préconise donc de renforcer les contraintes pesant sur les associations, avec par exemple l'inscription obligatoire dans un registre unique numérisé et la mise en place d'obligations de publication comptable.

En ce qui concerne les cryptoactifs, Tracfin fait face à une multiplication des signalements: 250 déclarations de soupçons lui ont été transmises en 2017 et le premier semestre 2018 "tend vers un doublement de ce volume", est-il noté dans le rapport.

Certains enquêteurs du service sont donc désormais spécialisés dans l'analyse de la cybercriminalité financière.

"DEUXIÈME VAGUE"

Au-delà leur opacité et de l'anonymat qu'ils garantissent, qui les rend susceptibles de servir de vecteur de blanchiment de fraude fiscale, d'escroqueries ou encore de commerce de produits illicites, les cryptoactifs sont aussi utilisés dans des schémas d'escroqueries financières d'envergure.

Après les fausses offres d'investissement sur le marché des changes (forex), en diamants et terres rares qui se sont multipliées ces dernières années, "la nouvelle tendance (...) c'est l'escroquerie sur le bitcoin" mais dans ce cas "il n'y a pas le début du commencement d'achat de bitcoin", a souligné Bruno Dalles.

Le directeur de Tracfin a adressé une mise en garde particulière aux personnes ayant déjà été victimes d'une telle escroquerie, en les mettant en garde contre d'éventuelles "escroqueries saison deux".

Principe de cette "deuxième vague": les auteurs de l'escroquerie initiale, qui connaissent l'identité des victimes, les recontactent en se faisant passer pour une association de victimes ou des représentants de cabinets d'avocats et leur soutirent à nouveau des fonds avec la promesse de mener des actions en justice.

Après une année 2017 marquée par une nouvelle progression de son activité, Tracfin devrait encore monter en puissance cette année.

"Sur l'année 2018, on est à +10%, +13% d'augmentation en tendance au 1er novembre", a souligné Bruno Dalles.

La France sera évaluée à partir de la fin 2019 par le Gafi (Groupe d'action financière), organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et le rapport final devrait être publié en 2021.

(Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)


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