»
»
»
Consultation

Coup de mou confirmé pour la croissance française en début d'année

Coup de mou confirmé pour la croissance française en début d'année

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le ralentissement de l'économie française au premier trimestre a été un peu plus marqué qu'annoncé précédemment, avec un taux de croissance au plus bas depuis l'automne 2016, selon l'Insee, pour lequel ce ralentissement ne présage cependant pas d'un retournement de tendance.

L'institut national de la statistique a annoncé mercredi avoir revu en baisse la progression du produit intérieur brut (PIB) sur les trois premiers mois de l'année, à 0,2% contre 0,3% en première estimation.

Ce coup de frein est cependant à mettre en regard d'une croissance encore plus robuste qu'estimé initialement sur les trimestres précédents, notamment du fait de la révision annuelle des modèles de calcul de l'Insee. Conséquence: une progression du PIB confirmée à +0,7% au quatrième trimestre 2017, mais une révision en hausse de la croissance des trois trimestres précédents (à 0,8% pour le premier trimestre et à 0,7% pour les deux suivants).

Avec ces révisions, le rythme annuel de la croissance s'est établi à 2,8% à fin décembre 2017 - une cadence inédite depuis début 2011 - avant de retomber à 2,2% à fin mars.

Ce freinage apparaît très brutal mais il représente plutôt "un contrecoup, une respiration après une fin d'année 2017 très dynamique", a estimé le directeur général de l'Insee, Jean-Luc Tavernier, mercredi matin lors d'une audition par la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Au 31 mars, l'acquis de croissance pour l'ensemble de 2018, à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait complètement au cours des trois derniers trimestres de l'année, s'établit à 1,2%, comme en première estimation.

PAS DE COUP D'ARRÊT À COURT TERME

Au-delà de la correction par rapport au dynamisme de 2017, le ralentissement de début 2018 a aussi été alimenté par une conjugaison de facteurs distincts, qu'ils soient ponctuels (baisse du pouvoir d'achat avec le calendrier fiscal défavorable, ralentissement de l'investissement des ménages en logements après deux années très dynamiques) ou plus structurels (hausse du prix du pétrole, appréciation de l'euro, incertitudes liées à la montée des tensions protectionnistes), a expliqué Jean-Luc Tavernier devant les députés.

Selon lui, l'impact combiné de ces différents phénomènes, s'il devrait empêcher le PIB de progresser à des rythmes comparables à ceux observés l'an dernier, ne devrait pas entraîner de coup d'arrêt de la croissance.

"Nous ne reviendrons pas à l'horizon de court terme aux taux de croissance qu'on avait connus au cours de l'année 2017 (autour de 0,7% par trimestre) pour autant pour l'instant (...) on n'est pas encore dans une phase où ce ralentissement serait annonciateur d'un retour à une récession ou même à une croissance zéro", a-t-il déclaré en précisant que ce pronostic restait conditionné par les nombreuses incertitudes géopolitiques actuelles.

Un constat conforté par les prévisions de la Banque de France, qui table sur une croissance de 0,3% pour le deuxième trimestre, émaillé de mouvements de grève à la SNCF et chez Air France.

Au-delà, la fin d'année devrait connaître un contexte plus favorable au pouvoir d'achat, avec par exemple l'impact ressenti de la première étape de la suppression de la taxe d'habitation ou encore la deuxième phase de la baisse des cotisation salariales à l'automne.

A l'inverse, le début d'année a été influencé par des mesures plus pénalisantes (hausse de la CSG, relèvement des taxes sur le tabac et les carburants), ce qui a sans doute contribué à l'atonie de la consommation des ménages (+0,1% après +0,2% au quatrième trimestre 2017).

Globalement, au premier trimestre, le traditionnel moteur de l'économie française, la demande intérieure finale, s'est donc essoufflé, même s'il a été l'unique contributeur à la faible croissance du début d'année, les contributions de la variation des stocks des entreprises et du commerce extérieur ayant été nulles.

Pour l'instant, le gouvernement table sur une croissance de 2,0% cette année, tandis que les prévisions des économistes s'échelonnent de 1,9% (pour la Banque de France) à 2,1% (pour le FMI).

(Myriam Rivet et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com