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Coronavirus : quatre décès de plus en Italie, Conte critique un hôpital

Coronavirus : quatre décès de plus en Italie, Conte critique un hôpital
Crédit photo © Reuters

par Wladimiro Pantaleoni, Francesca Piscioneri et Giulia Segreti

PALERME/ROME (Reuters) - Les autorités italiennes ont annoncé mardi quatre décès supplémentaires liés au coronavirus, dont la présence a débordé la Lombardie et la Vénétie, les deux régions les plus touchées par l'épidémie, gagnant notamment la Toscane et la Sicile.

Réunis à Rome, les ministres de la Santé des pays européens frontaliers de l'Italie ont exclu de fermer leurs frontières avec le pays.

"Nous sommes convenus de laisser les frontières ouvertes. Fermer les frontières serait une mesure disproportionnée et inefficace à ce stade", a dit le ministre italien Roberto Speranza.

Participant à cette réunion, son homologue français, Olivier Véran, a précisé qu'"à ce stade il n'y a pas lieu d'annuler a priori les grands événements publics, qu'il soit de nature sportive ou culturelle".

"Mais nous nous accordons la possibilité, au cas par cas, de regarder chaque situation", a-t-il ajouté devant la presse. En football, l'Olympique lyonnais doit accueillir mercredi la Juventus Turin dans le cadre des huitièmes de finale de la Ligue des champions. "A l'heure à laquelle je vous parle, il n'y a pas lieu d'envisager l'annulation de ce match", a-t-il précisé par la suite sur BFM TV.

Depuis une flambée des cas en fin de semaine dernière, l'Italie est, de loin, le pays européen le plus touché par le coronavirus apparu en décembre dernier à Wuhan, dans le centre de la Chine.

En fin d'après-midi, un décès a été signalé en Vénétie par les autorités régionales, qui indiquent qu'il s'agit d'une femme de 76 ans qui vivait à Trévise.

Le chef de l'agence de Protection civile italienne avait auparavant annoncé trois décès supplémentaires. Angelo Borrelli a précisé qu'il s'agissait d'octogénaires qui vivaient en Lombardie, la région du nord du pays la plus touchée par l'épidémie.

L'Italie en est donc à onze décès et, au dernier pointage, 322 cas confirmés ont été enregistrés par les autorités, contre 229 la veille. Dans le détail, les autorités sanitaires en dénombrent 240 en Lombardie, 43 en Vénétie, 26 en Emilie-Romagne, trois dans le Piémont, trois dans le Latium (la région de Rome), trois en Sicile, deux en Toscane, un en Ligurie et un dans la province autonome de Bolzano.

Le président du Conseil Giuseppe Conte a laissé entendre que des failles dans l'organisation d'un hôpital de Lombardie avaient pu aggraver la crise sanitaire en cours.

Le chef du gouvernement a déclaré que cet établissement, qu'il n'a pas identifié, pourrait avoir "contribué à la propagation". Il a ajouté qu'il pourrait envisager de retirer certains pouvoirs aux régions sur les questions sanitaires, provoquant la colère de la Ligue d'extrême droite, qui dirige la Lombardie tout comme la Vénétie.

Le président de la Chambre des députés et membre de la Ligue Riccardo Molinari a dénoncé des propos "quasi fascistes" du président du Conseil.

Le gouverneur de Lombardie, Attilio Fontana, a dénoncé pour sa part une "stratégie du désespoir" de la part de Giuseppe Conte qui tente selon lui de faire oublier les dysfonctionnements à la tête du gouvernement.

MARGE DE MANOEUVRE SUR LE BUDGET

La vice-ministre italienne de l'Economie, Laura Castelli, a déclaré mardi que Rome pourrait demander à l'Union européenne de faire preuve de souplesse concernant le respect de ses objectifs budgétaires, en fonction des répercussions de l'épidémie.

La Lombardie et la Vénétie, qui représentent ensemble environ un tiers du PIB de l'Italie et la moitié des exportations du pays, forment le coeur industriel de l'économie nationale. Or l'Italie est déjà au bord de la récession et affiche une dette publique élevée, la plus importante de la zone euro après la Grèce.

Giuseppe Conte estime que l'impact de cette crise sanitaire pourrait s'avérer "très fort", même s'il garde l'espoir d'une contagion bientôt maîtrisée au regard des mesures prises par son gouvernement.

"Je ne peux pas dire que je ne suis pas inquiet (...) mais je suis convaincu que nous aurons un effet de confinement dans les prochains jours", a déclaré le président du Conseil italien à Sky TG.

Le secteur touristique, qui représente environ 13% du PIB, redoute une chute des réservations en raison des mesures de restrictions imposées sur l'organisation d'événements publics.

(avec Gavin Jones et Crispian Balmer; Version française Jean-Stéphane Brosse, Claude Chendjou et Henri-Pierre André, édité par Jean-Philippe Lefief)


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