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Coronavirus : Le variant sud-africain inquiète

Coronavirus : Le variant sud-africain inquiète
Crédit photo © Reuters

JOHANNESBURG (Reuters) - Des scientifiques sud-africains vont se réunir ce jeudi pour débattre d'une étude suggérant que la variante du coronavirus dominante en Afrique du Sud pourrait réduire de deux tiers la protection immunitaire offerte par le vaccin Pfizer, a déclaré le ministère de la Santé.

Pour réaliser cette étude, publiée mercredi soir dans le New England Journal of Medicine, des scientifiques de Pfizer, de son partenaire allemand BioNTech et de l'Université du Texas (UTMB) ont développé un virus génétiquement modifié contenant les mêmes mutations sur la protéine "spike" que le variant B.1.351. hautement contagieux récemment détecté en Afrique du Sud.

La protéine "spike", utilisée par le virus pour pénétrer dans les cellules, est la cible prioritaire de nombreux vaccins contre le COVID-19.

Les chercheurs ont testé ce virus modifié sur des échantillons de sang prélevés sur des personnes vaccinées et constaté une réduction des deux tiers du niveau d'anticorps neutralisants par rapport au niveau observé sur la version la plus commune du virus dans les essais cliniques aux Etats-Unis.

Etant donné qu'il est encore difficile aujourd'hui de déterminer quel niveau d'anticorps protège contre le virus, il n'est pas certain que cette réduction des deux tiers rende le vaccin inefficace.

Pei-Yong Shi, professeur à l'UTMB et co-auteur de l'étude, se dit convaincu que le vaccin Pfizer/BioNTech sera probablement efficace contre le variant sud-africain.

L'Afrique du Sud prévoit de déployer le vaccin Pfizer/BioNTech dans les mois qui viennent. Le pays a lancé mercredi sa campagne de vaccination avec le vaccin de Johnson & Johnson dans le cadre d'une étude ciblant les personnels de santé.

Le ministre de la Santé, Zweli Mkhize, a déclaré mercredi que le pays attendait 500.000 doses du vaccin Pfizer dans un premier temps puis environ 7 millions de doses d'ici juin.

"Nos scientifiques vont se réunir pour discuter de cette étude et transmettront leurs recommandations au ministre", a déclaré jeudi le porte-parole du ministère, Popo Maja. "Nous ne communiquerons rien sans conseil de nos scientifiques. Nous serons également guidés par l'autorité de régulation (SAHPRA)."

(Alexander Winning, Wendell Roelf, Michael Erman; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)


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