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Coronavirus : Le nombre de décès bondit en Chine continentale

Coronavirus : Le nombre de décès bondit en Chine continentale
Crédit photo © Reuters

par Brenda Goh et Yawen Chen

PEKIN (Reuters) - La province chinoise de Hubei, foyer de l'épidémie de coronavirus Covid-19, a connu une hausse record du nombre de décès quotidiens sur la seule journée de mercredi et des milliers de nouveaux cas y ont été détectés, suggérant que l'ampleur de cette crise sanitaire pourrait être sous-estimée.

Les autorités sanitaires de cette province ont annoncé jeudi que 242 décès y avaient été recensés la veille, une progression quotidienne sans précédent depuis le début de l'épidémie en décembre dernier.

Au total, cette flambée épidémique a causé la mort de 1.367 personnes en Chine continentale, où le nombre de personnes infectées s'établit désormais à 59.805 selon les chiffres officiels de Pékin.

Après Hong Kong et les Philippines, un troisième décès hors de Chine continentale a été annoncé au Japon, celui d'une octogénaire vivant dans la préfecture de Kanagawa, près de Tokyo.

Ces annonces interviennent alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est montrée mercredi très prudente sur l'apparent ralentissement de l'épidémie causée par un virus que son directeur général appelle à considérer comme "l'ennemi public numéro un".

Parallèlement au bond du nombre de décès journaliers enregistrés dans la province de Hubei, le bilan des nouvelles contaminations a lui aussi grimpé alors que les autorités locales utilisent une nouvelle méthode de diagnostic.

NOUVELLE MÉTHODE DE DIAGNOSTIC

Jusqu'ici, les cas d'infection étaient confirmés par des tests permettant de déceler le génome du virus, dont les résultats n'étaient parfois disponibles qu'au bout de plusieurs jours. Et les personnes susceptibles d'être contaminées se voyaient souvent refuser un traitement sans cette confirmation.

"D'après nos informations, (...) la nouvelle définition des cas comprend non seulement les cas confirmés en laboratoire mais aussi les cas cliniquement diagnostiqués à partir des symptômes et de l'exposition", a déclaré le porte-parole de l'OMS Tarik Jasarevic.

Les autorités sanitaires de Hubei considéreront désormais qu'une personne suspectée d'être contaminée l'est effectivement si une infection pulmonaire est repérée au scanner.

L'imagerie médicale permettant d'obtenir des résultats plus rapides, les spécialistes locaux espère que l'instauration plus précoce des traitements permettra de ralentir la progression de l'épidémie.

Conséquence: le nombre de nouvelles infections recensées mercredi a grimpé à 14.840 dans le province de Hubei sur un total de 15.152 à l'échelle nationale (2.000 la veille à l'échelle nationale).

Les autorités sanitaires de Pékin ont précisé que cette évolution des modalités de confirmation des contaminations ne concernait que la province de Hubei.

Selon Raina McIntyre, directrice de recherche en biosécurité à l'institut Kirby de l'université australienne de Nouvelle-Galles du Sud, cette nouvelle procédure de diagnostic pourrait expliquer le pic des décès enregistré mercredi.

"Il y a vraisemblablement des morts qui n'avaient pas été diagnostiqués par des analyses de laboratoire mais avaient passé un scanner", a-t-elle déclaré à Reuters.

CONSÉQUENCES POLITIQUES

Cette crise sanitaire constitue un des tests les plus importants de ces dernières années pour le pouvoir chinois et des responsables provinciaux en ont fait les frais.

Selon l'agence de presse officielle Chine Nouvelle, le responsable du Parti communiste chinois (PCC) dans la province du Hubei a été démis de ses fonctions pour être remplacé par le maire de Shanghai, Ying Yong, un proche du président Xi Jinping.

"Pour l'heure, la situation est toujours extrêmement grave", a-t-il commenté dans les colonnes du Hubei Daily. "Nous gagnerons la bataille pour défendre Wuhan, la bataille pour défendre le Hubei et la bataille pour prévenir et contrôler la maladie."

Cité par la presse officielle, Xi Jinping a assuré jeudi que la Chine serait en mesure de "minimiser l'impact de l'épidémie, maintenir l'élan du développement économique de la Chine et de faire en sorte d'atteindre les objectifs de développement" en 2020.

La plupart des cas d'infection hors de Chine ont été recensés sur un navire de croisière amarré au large de Yokohama, au Japon. Le ministre japonais de la Santé a déclaré jeudi que 44 cas supplémentaires ont été confirmés, portant à 219 le nombre de personnes contaminées à bord du bateau.

Un autre bateau de croisière, le MS Westerdam, est arrivé jeudi au Cambodge après s'être vu interdire d'accoster en Thaïlande, au Japon, à Taiwan, sur l'île américaine de Guam et aux Philippines par crainte que des passagers ou membres d'équipage soient contaminés par le coronavirus malgré des tests tous négatifs.

Au Vietnam, la commune rurale de Son Loi, près d'Hanoï, une ville de 10.000 habitants, a été placée en quarantaine pour une période de vingt jours par peur de la propagation du Covid-19, 11 des 16 cas de contamination recensés au Vietnam ayant été dans cette commune.

(avec Yawen Chen et Lusha Zhang à Pékin, David Stanway à Shanghai, James Pearson à Hanoï, Prak Chan Thul à Sihanoukville, Steve Gorman en Californie; version française Jean Terzian, Myriam Rivet et Jean-Stéphane Brosse)


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